‹ De la contrainte par corps en matière civile et de commerceChapitre 26 sur 255 · V XIX · texte numérisé non relu

V XIX

patricienne refusait de les admettre (J). Alors venaient les révoltes; des concessions étaient arrachées. Mais le mal restait, profond et tenace. Il désolait la classe plébéienne et réduisait le peuple à une liberté nominale.

I n jour cependant, un de ces faits odieux, auxquels la patience la plus résignée ne résiste pas, vint porter au comble et légitimer l'indignation populaire. Publius, tribun militaire, qui avait appartenu à la malheureuse armée des Fourches Caudines, avait laissé un fils (2). Ce jeune homme, nommé Publiiius (3), n'ayant pas d'argent pour célébrer les funérailles de son père, en emprunta à intérêt; il espérait que la libéralité de ses proches lui permettrait de le rendre; mais, trompé dans son attente, il fut réduit à se faire lenexus de L. Papirius, son créancier; trouvant dans sa piété filiale assez de courage pour supporter patiemment les travaux que son maître lui imposait, et qui n'étaient autres que les travaux des esclaves. Publiiius était beau, et son créancier, homme infâme, crut que sa beauté lui appartenait, comme un fruit adventice de sa créance (à). Le jeune ncxuss'môi-

(1) Témoin le dictateur Yalerius : après une •victoire sur les Yolsques, il demanda au sénat quid nexis fieri placerct. Mais, dit Tite-Live, rejecta rclatio fuit, II, 31.

(2) Voyez Denys d'Halic, dont j'ai cité tout au long le fragment, traduit dans mon comm. dn Prêt {Préface, p. lj).

(3) lit. Liv., VIII, 28.

('i) « Florem œtatis ejus , fructum advcnliùum crediti, va » tus. » (Tit. Liv., VIII, 28.)

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