‹ De la contrainte par corps en matière civile et de commerceChapitre 36 sur 255 · LXII PRÉFACE · texte numérisé non relu

LXII PRÉFACE

main (1 ) .L'injection de la main (manûs itijeciio) consistait à saisir le débiteur par le col, en prononçant ces paroles solennelles :

« Quôd (ujudicatm sive damnaius es sesterûumdecem » mi Ma, quœ dolo malonon solvisti, ob eam rem, ego tïbï »sestertium decem millia judicati manum injicio(2). »

Plaute a fait plusieurs fois allusion, dans ses comédies, à la 'pantomime qui accompagnait cette formule :

«Sedquidego dubitojugere lune in malam crucem, » Priusquàm obtorto collo^adprœtorem trahor (3). »

Et ailleurs :

« Opta ociùs; » Rapite obtorto coïlo mavis, an trahi (4). »

Si l'on s'arrête à une analyse superficielle de cette procédure, on y trouve une violence manuelle et une injure verbale du créancier. Le débiteur est appréhendé par le col , et traité d'homme de mauvaise foi. il semble que les représailles sont dans le droit du débiteur et qu'une lutte va s'engager.

Réfléchissons cependant que le créancier n'agit pas ici pour exhaler un sentiment de colère et de vengeance personnelles. Il est l'exécuteur d'unju-

(1) Posl deindè, mardis, injectio esto ; in jus ducitj.

(2) Caius, IV, 21.

(3) Pœnulus, act. 3, scen. 5.

(4) Rudens, act. 3, se. 6; et plus bas :

« Ego hune seelestum in jus rapiam cxsulem, » u4ge : ambula in jus.», » Bapior obtorlo eollo. »

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