LXXXVIII PRÉFACE
mort. Les soixante jours de captivité , la triple exposition sur le marché public , les chaînes et le carcan , la servitude enfin et ses infâmes traitements, n'étaient-ils pas suffisants pour révolter des hommes libres et tant de braves citoyens qui, après avoir échappé aux champs de bataille arrosés de leur sang, venaient tomber sous la verge de fer du patricien?
Ce n'est cependant pas contre les émotions populaires que Vaddicdo vint se briser. Elle survécut aux menées des agitateurs , aux révoltes de la multitude et aux lois d'abolition et de banqueroute. La sédition (1) ou la nécessité (2) rompirent quelquefois les fers des addicti ; elles laissèrent subsister l'addiction, vieux débris des plus solennelles institutions de Rome , qui conservait encore du prestige à cause de son antique origine. Après la bataille de Cannes, elle tenait dans les prisons un assez grand nombre de débiteurs pour que le dictateur, usant d'un moyen désespéré, crût utile de les appeler aux armes en leur rendant la liberté (3). Du temps de Lucullus , elle secondait les desseins avi-
(1) Tit. Liv.,II, 27 :Quùm in jus ducidebitorem vidissent undiquè convolabant, neque, quùm decresset, quisquam obtempérait. Vi agebatur...
/r/.,VI,14, 34,35, 36,37.
(2) Voyez la note suivante.
(3) « Edixit : qui capitalem fraudem ausi, quique pecun'œ » judicati in vinculis essent, qui eorum apud se milites fièrent, » eos noxâ pecuniâque sese exsolvi jussurum. » Tit. Liv., XXIII, 14.