‹ De la contrainte par corps en matière civile et de commerceChapitre 53 sur 255 · XC PRÉFACE · texte numérisé non relu

XC PRÉFACE

bre qu'en Italie , condamne le débiteur à payer sa dette par son corps ?

Gicéron donne également un témoignage de l'existence de l'addiction(l). Hermippus avait imprudemment cautionné, auprès des frères Fufius, chevaliers romains , un certain Héraclide , rhéteur qui tenait école et rendait ses élèves plus sots de moitié qu'il ne les avait pris ; Hermippus fut obligé de payer les frères Fufius. Ayant exercé son recours contre Héraclide , celui-ci se mit à déclamer avec emphase pour prouver, à la manière des banqueroutiers , qu'il ne devait rien. Mais Hermippus , afin de rendre son éloquence muette, le poursuivit , le fit condamner, et conduisit l'exécution de la sentence jusqu'à l'addiction et la prison privée (2).

La loi Rubria , pour la Gaule cisalpine , fait aussi allusion à l'addiction et à ses conséquences lorsqu'elle répète à diverses reprises le ducijubeio (3). Et c'est ce dont se plaignaient les hommes perdus de dettes qui s'étaient jetés dans la conspiration de Gatilina , et auxquels Salluste prête ces amères récriminations: «Neque quô periculum aliis faceremus, » sed uti corpora nostra ab injuria tuta forent, qui, miseri » egentes , violentia atque crudelilate fœneratorum , »plerique patriâ, sed omnesfamâ atque fortunis expertes

(1) Pro Flacco, 20 : Quùm judicatum non faceret, addictus Hermippo, et ab hoc duc lus est,

(2) Héraclide paya en vendant quelques esclaves (Joe . cit., 21).

(3) Ch, 21 et 22.

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"Swnus. FfûfpÊB cuiqiiam licuit moî'c majorum, lefje uti , naïuc amisso patrim/etth, LfBBKTffl corpts habere; •' tinii - i //' / i • ucraiorimi atque prœtoris fuit (1). » 11 eût été plus commode en effel pour ces débauchés de payer leurs dettes avec la banqueroute ('2), et de trouver dans quelque loi d'abolition un remède à leur situation. Car ce sont les banqueroutes d'autrefois (3) qu'ils appelaient le droit antique de la république, et ils auraient voulu que les préteurs fussent venus, par quelque mesure analogue , au secours de leurs dérèglements et de leur mauvaise foi. Mais les préteurs, outre qu'ils craignaient l'exemple d'Asellio, assassiné par la faction des créanciers pour avoir remis en vigueur l'usure semoncière tombée en désuétude (4), les préteurs, dis-je, avaient autre chose à faire qu'à mettre leurs édits au service de méprisables et odieux libertins. Ils veillaient au soin de la justice, et nous verrons bientôt ce que l'équité leur suggéra pour corriger la vieille sévérité romaine. Si les amis de Catilina n'avaient pas été aveuglés par la passion , au lieu de les accuser de cruauté, ils auraient vanté leur modération et les tendances humaines de leur jurisprudence. Quoi qu'il en soit, l'addiction se retrouve encore

(1) Bell. Cat., c.33.

(3) Mon comm. du Prêt (Préface, p. xlix et suiv.).

(4) ld.t p. lxx.

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