XCVI PRÉFACE
tés de la puissance dominicale, exposé aux coups, enchaîné ou mis au carcan , forcé de travailler à de rudes travaux , l'addictus était en fait si voisin de l'esclave , qu'il se mettait lui-même au rang des esclaves ; trop heureux de s'asseoir à leur banquet et d'être pris pour un des leurs , le jour où la manumission venait les y trouver (1) !
Toutefois , F affranchissement qui le touchait n'avait pas une identité parfaite avec la manumission de l'esclave. Ce dernier n'échappait à la servitude que pour rester libertinus , portant ainsi dans la liberté les traces de son antique condition. L'addictus, au contraire, en recouvrant la liberté, était ingéniais (2). L'esclave ne pouvait être affranchi malgré son maître ; Vaddictus , en payant sa dette, redevenait libre quand même le créancier ne l'aurait pas voulu (3). L'esclave était esclave sans condition ; Vaddictus ne servait que sous la condition de retour à la liberté alors qu'il paierait le créancier (4).
Tout cela cependant était subtil , suivant les
(i) Quintilién, Declam. 311. Suprà , p. xcij.
(2) Servus cùm manuraittitur, fit iibertinus ; addiclus, recejjtâ libertate, est ingenuus (Quint., VII, Instit. orat., 3).
(3) Servus, invito domino, liber latem non consequitur ; addictus citra voluntatem domini consequitur (Quint., loc. cit.).
(4) Ad seri'um nulla icx pertined; cddictus legem habet (Quint., loc. cit.). Ailleurs, on voit quelle était celte loi : Circa propria ac différentiel, magna subtilitas, ut chm quœritur an addictils, queni lex servire donec soh'crit, jubet, sereus sit, (Loc. cit.)