C PREFACE
nous le verrons encore dans un instant, et elle avait sauvé la liberté malheureuse et de bonne foi par le sacrifice volontaire des biens. De toutes parts , donc , un travail favorable à la liberté s'était fait dans les esprits , et il n'est pas étonnant dès lors que l'antique servitude du débiteur, amoindrie et atténuée , soit passée à l'état d'une simple possession, compatible jusqu'à un certain point avec l'état d'homme libre , et accompagnée d'équitables ménagements.
Voyons à présent les détails de la nouvelle procédure qui va s'adresser à la chose ; nous arriverons ensuite à la cession de biens.
J'ai dit que, du temps des actions de la loi, Rome ne connaissait pas de voie d'exécution qui , séparant les biens de la personne , permît d'enlever au débiteur sa propriété sans toucher à sa personne. Toutes les poursuites se concentraient sur le corps du débiteur, et ce n'était qu'en se saisissant du corps qu'on pouvait arriver jusqu'à ses biens (1).
C'est cependant une idée qui nous semble aujourd'hui bien simple que de diviser la double garantie qu'offrent la personne et les biens , et de permettre à celle-ci de s'exercer sans celle-là. Mais ce qu'il y a de plus simple n'est pas toujours ce qui est le plus facile à découvrir. Il fallut bien du temps pour arriver à comprendre que l'homme n'est pas
(1) Si Tite-Lire (II, 24) parle d'une défense faite par Ser- ^ilius de saisir et de vendre les biens du soldat sous les drapeaux, c'est qu'il ne parle que de soldats (Zimmern, p. 426,. r.ole finale).