XII PRÉFACE
neurs de la sépulture (1). Car lorsqu'un débiteur mourait sans payer ses dettes , le procès était fait à son cadavre , et une sentence terrible le déclarait privé des honneurs funèbres auxquels ce peuple superstitieux mettait plus de prix qu'aux vains honneurs de cette vie. Ce n'est que lorsque ses héritiers , devenus riches , donnaient satisfaction à ses créanciers , qu'alors la sentence était levée et qu'on faisait au définît de tardives mais magnifiques funérailles (2).
Telle était la législation des Égyptiens , œuvre bizarre où le tombeau est dans le commerce et où les morts sont le gage des vivants ! !
C'était celle qui était toujours en vigueur lorsque Solon fut conduit en Egypte par ses voyages et ses études. Suivant Diodore (3) , il fut frappé de l'idée de Bocchoris , et essaya de la transporter dans Athènes en l'accommodant aux besoins de cette république. Athènes était alors affligée par les maux de l'usure. Les dettes alimentaient la traite des esclaves , ou forçaient à l'expatriation d'infortunés citoyens (4). La ville, divisée entre les pauves et les riches , entendait répéter les cris sinistres de partage des terres et d'abolition des dettes. Une crise était imminente. Solon la conjura. Choisi pour arbitre par les deux partis , il refusa le partage des terres, mais il rompit les engagements serviles contractés par les débiteurs ; il rappela les
(1) Diodore, 2, 2, 93.
(2) Diodore, 2, 2, 92.
(4) Plularque, Vie' de Solon, 24.