‹ De la contrainte par corps en matière civile et de commerceChapitre 9 sur 255 · PRÉFACE. XIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XIII

fugitifs «qui (pour parler comme Amyot) avoient » été si longuement vagabonds qu'ils en avoient ou- > blié à parler le national langage athénien; et les * autres quiestoient demeurés au pays, en captivité de misérable servitude, il les délivra tous et affran- ■ chit. » Quant aux engagements à venir, quelle fut la portée de la décision de Solon ? Se borna-til à délivrer les débiteurs qu'il trouva corporellement engagés, laissant àl'ancienne coutume tous ses effets pour l'avenir (1)? Ou bien voulut-il rendre une loi véritable, qui, plus puissante qu'un arbitrage, s'étendît au delà du présent? Si cette loi fut rendue, quelles limites doit-on lui assigner? N'eut-elle pour but que de prohiber les stipulations de gage personnel et le trafic de la liberté (2) ? ou bien , respectant la liberté des conventions , voulutelle seulement retrancher de l'exécution des jugements rendus contre le débiteur les rigueurs inhumaines que nous avons décrites tout à l'heure? ou bien, enfin, sa pensée fut-elle de saper du même coup tout ce qui entamait la liberté du débiteur, tout ce qui pouvait le placer dans la servitude du créancier (3) ? Ces questions sont encore pleines de doute et d'obscurité (i) , et je ne sais si

(1) Voyez un cloute à cet égard clans Saumaise, p. 749.

(2) Saumaise, p. 748, 749, 755, 789.

(3) V. Saumaise, p. 748, 749, 755, 789. Il faut voir Piu-

tarque, Vie de Solon, et contre V usure. Diodore. — Diogène Laërce.

(4) Montesquieu croit que Solon défendit toute aliénation quelconque delà liberté (n° 20, ch. 45). Infrà, n° 6.

M. Pastoret (Législ. de» Athéniens, eh. IX, p.4C3) croit que

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