CONFORMATION EXTÉRIEURE
Situation. — La mamelle est située à la partie antérieure et supérieure du tronc au devant du muscle grand pectoral. Elle remplit l’espace compris entre la troisième et la septième côte.
Forme. — Sa forme est hémisphérique. Cependant elle présente des variétés. Généralement son diamètre transversal dépasse le diamètre vertical, tandis que le premier est de 11 à 12 centimètres, l’étendue du second n’est guère que de 10 centimètres. Quant au diamètre antéro-postérieur, il mesure environ 5 à 6 centimètres; si ce dernier devient plus long, la glande prend une forme conique; s’il est plus court, une forme discoïde.
Sa configuration est du reste variable. Elle se modifie suivant l’âge, l’état d’embonpoint ou de maigreur, suivant que la femme a eu ou n’a pas eu d’enfants, qu’elle les a ou ne les a pas allaités.
Volume. — Son volume est plus variable encore. Chez certaines femmes, elle s’atrophie au point de disparaître presque complètement; chez d’autres, elle arrive à un développement énorme. Considérée sous ce point de vue, la glande peut se présenter, du reste, sous deux états trèsdifférents qu’il importe de distinguer. Très-souvent le volume considérable du sein est dû seulement à l’hypertrophie de la couche adipeuse sous-cutanée ; d’autres fois
il reconnaît pour cause l’hypertrophie de la glande mammaire proprement dite. L’observation démontre que ces deux genres d’hypertrophies concordent très-rarement ; ils sont plutôt exclusifs l’un de l’autre *. lorsque la couche adipeuse atteint un grand développement, la glande s’atrophie de plus en plus, et finit par n’ôtre plus représentée que par les conduits galactophores du mamelon. Lorsque / le tissu glandulaire prend des proportions exceptionnelles, l’enveloppe adipeuse s’amincit et disparaît presque entièrement. Ce dernier genre d’atrophie est celui qui permet à la mamelle d’atteindre les plus grandes dimensions; c’est alors qu’on l'a vu peser jusqu’à 5, 6, 7 kilogrammes, et même s’élèvera un poids plus considérable encore.
La face antérieure ou convexe de la mamelle présente trois zones distinctes :
t° Une zone périphérique , blanche, unie, qui en forme la plus grande partie et ne diffère pas, au point de vue anatomique, de la peau du tronc et des membres.
2° Une zone moyenne ou aréole , circulaire, moins lisse, moins douce au toucher que la précédente, d’une coloration très-variable. — Sa forme circulaire, son étendue, dépendent de l’àge de la femme et de son état. Elle est en général moindre chez la vierge, plus développée chez la femme enceinte et chez la nourrice. Elle diminue dans la vieillesse. Son diamètre moyen est de 3 à 5 centimètres.
La surface de l’aréole n’est pas unie : on y remarque des saillies irrégulièrement disséminées ou disposées parfois sur une ligne circulaire. Ces saillies deviennent plus manifestes pendant la grossesse et après l’accouchement. Chacune d’elles est l’orifice du conduit excréteur d’une glande sur la nature de laquelle j’aurai bientôt à revenir.
La coloration de l’aréole est le caractère essentiel de cette zone. L’aréole et le mamelon sont, en effet, aussi bien chez
le nègre que chez le blanc, les parties les plus foncées du tégument externe. Cette coloration dépend de l’àge de la femme, de son état et de sa constitution. Chez la jeune fille, l’aréole est en général d’une teinte rosée pour les blondes, un peu plus rouge chez les brunes. Je dois dire, cependant, qu’on aurait tort de considérer comme un signe de virginité l’absence de coloration brune de l’aréole et comme signe contraire cette coloration. Quelle que soit l’intensité de la teinte aréolaire, celle-ci s’accentue sous l’influence de la grossesse; elle devient alors plus ou moins brune et reste telle pendant l’allaitement pour disparaître ensuite d’une façon plus ou moins complète.
A la suite de plusieurs grossesses elle persiste le plus souvent ; mais en général, dans la vieillesse, l’aréole se décolore en même temps que la glande s’atrophie.
La zone colorée se confond graduellement avec la zone blanche; sur leurs limites on voit les parties brunes disparaître çà et là et former des cercles qui sont blancs à leur centre. Chez les femmes brunes récemment accouchées où le contraste des deux zones est plus frappant, on observe sans peine tous les degrés de cette zone de transition. Parfois aussi la coloration de l'aréole s’arrête brusquement à la limite de celle-ci et la zone de transition n’existe pas.
3° Zone centrale ou mamelon. — Saillant, reproduisant sous des proportions plus réduites la forme de la mamelle entière.
Son diamètre est de 0m,008 à 0”,010 ; sa hauteur de 0m,009 à 0m,011 , mais ses dimensions varient considérablement ainsi que sa forme; tantôt il est coniqne, tantôt cylindrique, hémisphérique ou globuleux. Parfois il se déprime à son sommet et, dans quelques cas rares, se retourne à la manière d’un doigt de gant et rentre dans la mamelle , en sorte qu’au lieu d’une saillie l’aréole ne
présente à son centre qu’une excavation circulaire; c’est ce qu’on appelle le mamelon ombiliqué.
Quoi qu’il en soit, un mamelon bien conformé et dont rien n'a entravé l’évolution régulière est cylindrique, ou légèrement conique et arrondi à son sommet. Son volume et sa forme doivent être, chez une nourrice, suivant l’ingénieuse comparaison de M. le professeur Stoltz(i) «ceux d’un dé à coudre de moyenne grandeur». Mais il ne faut pas juger du volume du mamelon pendant que cet organe est à l’état de repos, car il est alors, le plus souvent, affaissé et comme replié sur lui-même.
Parmi les causes accidentelles qui peuvent faire varier la forme et le volume du mamelon, il faut noter en première ligne la compression funeste exercée par le corset qui, chez les jeunes fdles à 1 époque de la puberté, et chez les femmes pendant la grossesse, empêche le mamelon de suivre son développement normal.
Face postérieure de la mamelle. — Elle est plane, adhère au muscle grand pectoral par un tissu cellulaire lâche ; une lame cellulo-fihreuse la recouvre et la sépare de ce muscle.
Circonférence . — Elle est encadrée dans la couche cellulo-graisseuse qui constitue le principal moyen de fixité de la mamelle ; plus cette couche est épaisse, mieux forgane est immobilisé.
(1) J. Duval, thèse de Paris, 1861.