‹ De la méthode a posteriori expérimentale et de la généralité de ses applicationsChapitre 51 sur 103 · REPRODUITES DANS LA CONVERSATION · texte numérisé non relu

REPRODUITES DANS LA CONVERSATION

Un médecin, habile praticien, n'adoptant les idées nouvelles qu'après un examen réfléchi, me semble donner plus de garanties qu'aucun autre, surtout s'il connaît le malade depuis longtemps ainsi que ses ascendants, car tout le monde sait l'influence de l'hérédité sur la santé des enfants; il m'inspirera plus de confiance que tout autre, ne doutant pas que, grâce à sa longue pratique, il ne fermera jamais les yeux sur des symptômes qu'un médecin plus éminent, plus inventeur, pourrait négliger ou méconnaître, disposé qu'il serait à faire rentrer la maladie pour laquelle il est appelé dans son système d'études. J'ajouterai encore que le praticien tel que je me le représente, pour peu qu'il eût quelque doute sur le traitement à suivre, serait le premier à provoquer une consultation.

Cet exemple rentre évidemment dans le cas que j'ai cité où le public est fondé à dire que la pratique est préférable à la théorie (119).

137. Dans les jugements que nous portons, le moi exerce une grande influence; car le mode dont nous apprécions, dont nous jugeons est en nous, et l'on peut dire où la mesure manque, l'appréciation fait défaut, soit du bien soit du mal; car, franchement un cœur honnête prévoit-il les actions honteuses,

perverses, criminelles; il y croit quand elles ont été accomplies. Le proverbe qui se ressemble s'assemble est parfait de vérité.

138. Les mêmes considérations expliquent clairement les déceptions que l'on éprouve dans la prescription des remèdes.

Car la plupart de ceux qui les prescrivent ne les connaissent que par \à. vertu, c'es!;-à-dire V attribut d'après lequel on sait leur aptitude respective à combattre une affection qui se manifeste par un ou plusieurs symptômes, c'est-à-dire par un ou plusieurs phénomènes, une ou plusieurs abstractions; or le remède et le malade sont deux êtres concrets, doués chacun d'un ensemble d'attributs que nous ne connaissons qu'incomplètement, et les attributs que nous connaissons ne le sont qu'imparfaitement. Dès lors, n'arrive-t-il pas qu'un remède agisse par d'autres propriétés que la vertu qui l'a fait prescrire, et que le malade ait une affection différente de celle qu'on a conclue d'après l'observation du symptôme, ou, si elle n'est pas différente, que cette affection soit modifiée du moins par un attribut dont le médecin n'a pas tenu compte?

139, J'ai toujours été frappé de la justesse des ju-

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