‹ De la méthode littéraire; journal d'un professeur dans une classe de premiereChapitre 101 sur 443 · I. — C'est d'abord voir exactement quel est le sujet · texte numérisé non relu

I. — C'est d'abord voir exactement quel est le sujet

La question paraît superflue. Elle ne l'aurait pas été pour X., dont voici la note stupéfiante: « Cette dissertation constitue un véritable tour de force. Vous avez écrit huit pages (deux de plus que le nombre permis), et pas une ne traite le sujet! » — Z., également, a réussi « à ne pas traiter un instant le sujet ». — Sans atteindre ce degré de perfection dans le hors-d œuvre, d'autres s'en sont rapprochés : les uns traînent au début sur des banalités vagues et n'arrivent au sujet que vers la 3* page ; d'autres, plus difficiles à redresser, aperçoivent bien au début, et par moments, le sujet, mais ils laissent constamment de côté les idées essentielles pour insister sur des digressions : « Beaucoup de choses hors du sujet, lisons-nous chez J. ; vous êtes à la fois minutieux et incomplet sur les marquis, faute d'une idée directrice qui vous permette de choisir les détails intéressants et de négliger les autres ; très sec sur les bourgeois. » — « Je ne puis que vous redire, répéterai-je à ce brave A. pour la dixième fois : tout devoir qui dépasse six pages et demie ou sept pages est un mauvais devoir. Celui-ci (dix pages) est encombré d'idées oiseuses ou accessoires, et les idées fécondes elles-mêmes sont noyées dans les détails plutôt que démontrées par des exemples. Peu de chose, d'ailleurs, sur les marquis... Je ne lis jamais audelà de la page 7. Qu'on se le dise ! Si, une fois arrivé là, vous constatez que vous avez encore presque tout le sujet à traiter, arrêtez-vous, et reconnaissez votre erreur. Cela

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