L. — « Caprice
— Quel est le sens de caprice ?
A. — Il vient de capra, chèvre.
— Oui, par l'intermédiaire de l'italien capriccio. Et il signifie ?
A. — « Acte digne d'une chèvre ».
— En effet, Darmesteter le définit : « volonté soudaine, changeante et non justifiée». Lui aussi, il explique « fantaisie » à l'aide du mot « caprice ». Après l'avoir rattaché au grec (pavratjt'a, imagination, il passe au sens intermédiaire : « idée née d'un caprice de l'imagination », et le définit: « désir capricieux ». — Il est clair que Ja fantaisie ne saurait être objet de science. Quel est l'objet de la science ? Lisez-nous ce qu'en dit aussitôt Montesquieu.
— J'ai posé les principes, et j'ai vu les cas particuliers s'y plier comme d'eux-mêmes, les histoires de toutes les nations n'en être que les suites, et chaque loi particulière liée avec une autre loi, ou dépendre d'une autre plus générale.
— Qu'est-ce qu'un principe ?
A. — « Principe » veut dire « commencement ».
— Très bien. Gomment se fait-il que vous ayez répondu avec si peu d'hésitation ?
A. — J'ai trouvé le terme ainsi employé dans ÏEloge de Montesquieu par d'Alembert, p. 22 : « Quand les conclusions sont érigées en principes, ou les précèdent... », et il m'avait un instant embarrassé... 11 est évident que, dans ce texte, opposé à « conclusion », il signifie « prémisses, commencement ».
— Quelle est, du reste, l'étymologie ?
A. — Principiam vient de princeps^ et princeps de primus. Il faut, pour bien comprendre un mot, remonter à la forme primitive et au sens qu'il a eu dès l'origine... « dans le principe », c'est le cas de le dire !
— A condition d'en déduire ensuite les sens dérivés. Voici ceux que donne Darmesteter :