‹ De la méthode littéraire; journal d'un professeur dans une classe de premiereChapitre 168 sur 443 · I. Action de rapporter : — Trois nuances · texte numérisé non relu

I. Action de rapporter : — Trois nuances

II. Lien par lequel une chose, une personne est rattachée à une lutre par quelque trait commun.

I. Ce que l'esprit conçoit de commun entre deux choses. — Six exemples, parmi lesquels se trouve la phrase de Montesquieu...

— ^t nécessaire? Quelle est l'étymologie de «nécessaire» ? A. — Ne-cedo. « Qui ne se retire pas, qui ne cède pas ».

Par conséquent: « fatal, forcé ».

— Tel est, encore aujourd'hui, le sens du mot dans le langage philosophique : « ce qui ne peut pas ne pas être ». . . Un rapport est donc un lien établi par une force irrésistible. Cette force est la nature des choses. Qu'entendrons-nous, dans ce texte, par la « nature des choses » ? Cherchez nature, dans le dictionnaire, J.

— Nature : Ensemble des choses créées, ou ensemble des forces de la création.

3oO PROGRÈS DE LA RAISON DANS LA SOCIETE

A. — C'est le sens de Lucrèce : natura rerum.

— Oui ; mais je ne crois pas que ce soit celui de Montesquieu. Voyez dans la préface : lorsqu'il a employé une première fois l'expression, à quoi opposait-il la « nature des choses » ?

A. — A ses préjugés.

— Et il n'avait parlé jusque là que de l'humanité. Quel était le sens ?

A. — L'organisation naturelle de la société humaine. P. — Darmesteter donne ce sens dans le second alinéa:

« l'essence, les attributs propres à un être ». Et il cite en exemple la phrase de Montesquieu.

— Une loi est donc un rapport établi entre les choses, en vertu de leur organisation.

Exemples.

Montesquieu énumère ensuite des exemples qui ne s'expliquent pas autrement : « Dans ce sens, dit-il, tous les êtres ont leurs lois : la divinité a ses lois... », c'est-à-dire : Dieu, étant la raison même, met ses actes dans un rapport nécessaire avec la raison. Il ne peut pas ne pas vouloir ce qui est raisonnable. Il a ses lois. — « Le monde matériel a ses lois... » Essayez de nous expliquer ceci, B.

B. — Le monde matériel, l'univers, est composé de corps flottant dans l'espace. Ces corps sont, par rapport les uns aux autres, dans une certaine position, animés d'un certain mouvement ; et nous constatons que ces « rapports nécessaires » résultent d'une organisation propre à l'univers, qu'ils ne sont pas le fait du hasard ni de la fantaisie ; le monde matériel a ses lois..., les lois de Kepler.

— Très bien. — « Les intelligences supérieures à l'homme ont leurs lois. » Que sont ces intelligences supérieures ?

de B. — Les anges ?

— Peut-être. Montesquieu aurait accepté cette traduction, si la Sorbonne l'eût exigé.

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