Double réponse de l'abbé d'Olivet
L'abbé. — Hélas, vous appuyez là sur un point bien douloureux ! Dès son enfance, le petit Arouet nous a plus d'une fois inquiétés, en même temps qu'il nous charmait ; et depuis, le cœur de ses maîtres a été mis par lui à de cruelles épreuves... .Mais Voltaire a bien changé de conduite et de sentiments depuis quelques années... Les gages qu'il a donnés à la cour et au clergé... Sa lettre récente au R. P. de la Tour, qu'on souhaiterait peut-être même plus discrète...
Le duc. — Oui, ces marques de respect me semblent bien impertinentes, et j'ai quelque peine à croire très durable une conversion si rapide. Je suis étonné que le roi s'y laisse prendre, plus étonné encore que vos anciens confrères, les premiers diplomates du monde, cessent de s'opposer à sa candidature...
Le grief politique.
L'abbé. — Je ne dis pas. Monsieur, que le roi et les Jésuites aient une absolue confiance dans l'auteur du Mondain et des Lettres anglaises. Mais croyez bien que, s'ils feignent de la lui témoigner, c'est qu'ils y ont un sérieux intérêt. L'Académie aura tout avantage à suivre leur
(i) Le mot « révolution » commence à être couramment employé vers 1760. (V. Journal du Marquis d'Argenson.^ Mémo observation pour a le trône et l'autel d.