CONSEILS PRÉLIMINAIRES
J'aurais voulu consacrer au moins une explication aux écrivains que vos histoires littéraires vous présentent sous le nom d' Economistes . C'est dans cette intention, et pour vous préparer à la lecture des textes originaux, que nous avons acquis le joli volume de Léon Say sur Turgot et une édition presque originale de VEsquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain de Condorcet... Malheureusement, j'ai parcouru sans succès vos Morceaux choisis ; ils datent d'un temps où ces choses ne paraissaient pas faire partie de la littérature ! — Quant à notre recueil des Écrivains politiques duXVIII^ siècle , qui comble en partie cette lacune, nous n'en possédons que quatre exemplaires. . . Ici, comme sur beaucoup de points, je ne puis que vous indiquer des directions et vous conseiller de lire vousmêmes ce qu'il nous est impossible d'étudier en classe. — Lisez-donc et relisez le petit livre (i) de Léon Say, les pages 62-148 (sur Voltaire) et 3A3-364 (sur Turgot) des Écrivains politiques, parcourez les Lettres choisies et les Extraits ie Voltaire, et traitez de votre mieux le sujet suivant:
Lettre de Voltaire à Turgot^ peu de jours après que le grand ministre a dû résigner ses fonctions de Contrôleur Général {25 nai iyy6y
(i) En particulier les lettres de Turgot à Louis XVI (p. i68 et sui-
r an tes).
iiga LE ROMA?îTISME ET LA. REVOLUTION
Nous possédons un billet de Voltaire, daté du 17 mai, et adressé à M. de Vaines, premier commis des finances, qui nous montre ses sentiments: « Ah I mon Dieu, Monsieur, quelle funeste nouvelle j'apprends I La France aurait été trop heureuse. Que deviendron;s-nous ? Pifistez-vous en place ? Auriez-vous le temps de me rassurer par un mot? Puis-je m'adresser à vous pour faire passer ce billet? Je suis fttterré et désespéré. »
Voltaire était en correspondance avec Turgot, qui avait fait un séjour à Ferney en 1760, et pour lequel le philosophe avait une grande admiration. Pendant son ministère. Voltaire lui avait adressé sur l'administration du pays de Gex, à propos des heureuses réformes opérées par le ministère, de longues lettres, pleines d'observations précises et d'idées profondes: 22 décembre 1776, 8 janvier 1776 (Mémoire à M. Turgot signé : « Le vieux malade de Ferney »), i3 janvier 1776 (même forme et même signature), 18 février 1776, 3 mai 1776. — Il est donc très vraisemblable qu'après lui avoir fait passer le premier jour, par l'entremise de M. de Vaines, quelques lignes do condoléances, il' lui écrit après réflexion et lui exprime, avec ses regrets motivés, •on opinion sur l'avenir, (i)
CORRECTION
Nous n'avons pas, cette fois, de devoir vraiment bon. B. était malade ; de M. s'est fait excuser par sa famille; de B. et H., pour des raisons d'eux connues, ne dépassent pas une honnête moyenne, une médiocrité à peine argentée... Ce n'est pas que la quantité des copies en compense la qualité : j'ai reçu de vos parents de nombreuses cartes invoquant le grand nombre de vos occupations présentes : composition de physique, composition d'histoire...
de B. — De plus, la partie du cours de mathématiques actuellement étudiée est difficile...
[Ici a eu lieu une discussion serrée do laquelle il résulte que les élève s trouvent, d'une manière générale, les programmes scientifiques un peu chargés. Pourtant, là n'est pas le motif principal de leurs doléances,
(i) Ce sujet a été donné depuis, en octobre 1910, par la Faculté de Lille, sous la forme suivante : « Leltre de Marmontel à Turgot. quand ce dernier quitta le ministère. »