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L'explication qu'il donne de ces faits

Elle a été contestée, au moins de quatre manières : 1 . Les philosophes du xvm^ siècle et, dans une certaine mesure, VÉglise officielle (depuis la première condamnation de Jansénius en i653 jusqu'à celle du père Quesnel par la bulle Unigenitas en I7i3), ont refusé de traiter aussi durement la nature.

Le jansénisme, dit Bossuet, fait paraître la vertu trop pesante, l'Evangile excessif, le christianisme impossible. . . Il a tenu les conscif-iiccs captives sous des rigueurs très injustes (^Oraison funèbre de Nicolas Cornet).

(i) Extraits de Voltaire, éd. Faliex, p. 65.

LES PARTIES OUBLIEES DE l'cEUVRE DE PASCAL 55

2. Les historiens du xix.* siècle ont montré que, loin de contredire la philosophie stoïcienne, fondée sur la raison, le christianisme en avait adopté les maximes essentielle^- — Rapprochement connu entre les doctrines de Sénèque et celles de S^ Paul.

3. L^s savants et les exégètes, critiques ou apok)gistes du dogme, ont discuté les documents eux-mêmes sur lesquels s'appuyait Pascal, et la question se trouve posée aujourd'hui sur un tout autre terrain que celui où il se plaçait : Vautorité du témoignage et ï authenticité des textes (i).

4. Enfin, des lettrés, comme Havet, ont relevé certaines obscurités, des équivoques, des lacunes, tout au moins des exagérations. Les notes de votre édition sont bien curieuses à cet égard... Empressons-nous d'ajouter que l'œuvre est inachevée et que Pascal aurait certainement modifié beau coup de passages. C'est un point qu'il ne faut jamais oublier quand on étudie les Pensées. Quelle est l'œuvre qui, présentée au public dans un tel état, sortirait aussi glorieuse de toutes les critiques accumulées contre elle ?

H. — Texte à apprendre par cœur: — Critique de Voltaire.

... Il me paraît qu'en général, l'esprit dans lequel M. Pascal écrivit ces pensées était de montrer l'homme dans un jour odieux ; il s'acharne à nous peindre tous méchants et malheureux ; il écrit contre la nature humaine à peu près comme il écrivait contre les Jésuites. Il impute à l'essence de notre nature ce qui n'appartient qu'à certains hommes: il dit éloquemment des injures au genre humain.

J'ose prendre le parti de l'humanité contre ce misanthrope subUme ; j'ose assurer que nous ne sommes ni si méchants ni si malheureux qu'il le dit. Je suis, de plus, très persuadé, que, s'il avait suivi, dans le livre qu'il méditait, le dessein qui paraît dans ses Pensées, il aurait fait un livre plein de paralogismes éloquente et de faussetés admirablement déduites.

(i) Telle est, du moins, l'opinion générale. Certains critiques, cependant, ne semblent pas la partager. M. Lanson loue Pascal d'avoir « posé la question comme l'exégèse de notre temps devait la poser » (Gb. Esctcl., art. Pascal). Avant lui, Scherer (Mél. d'hisl. rel., p. io3), après lui, le R. P. L.Tgrange (JRevue biblique, octobre 1906) ont porté le même jugement.

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