II. — Comment et pourquoi Molière doit les rassurer
Aussi, quoique j'approuve. Monsieur, non seulement les satires que vous avez voulu faire, mais même encore celles que peut-être vous avez faites sans le vouloir, je souhaiterais de les voir atténuées ipar vous-même. Non pas, naturellement, que je songe à changer un iseul mot de votre jolie pièce... Mais il est d'usage, lorsqu'un auteur imprime une comédie, qu'il la fasse précéder de quelques explications. Votre modestie ne saurait se dérober longtemps à l'impatience des libraires, car si vous ne satisfaites pas la curiosité du public, il est fort à craindre que d'autres n'aient pas les mêmes scrupules. Envoyez donc bien vite votre manuscrit, cher Monsieur, à l'exact Barbin, au consciencieux de Luynes, et profitez de l'occasion pour dire, dans la préface, toute votre pensée. Vous êtes l'avenir, et déjà (votre succès en fait foi) le présent. Saluez avec grâce le passé, et dites-en d'autant plus de bien qu'il ne saurait plus désormais, aux yeux des hommes de goût, être autre chose que le passé.
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