‹ De la méthode littéraire; journal d'un professeur dans une classe de premiereChapitre 94 sur 443 · ENCORE LE MOT DE VOLTAIRE POUR RELIRE MOLIÈRE · texte numérisé non relu

ENCORE LE MOT DE VOLTAIRE POUR RELIRE MOLIÈRE

SOMMAIRE

Vous appliquerez à la comédie le principe dont nous vons vérifié, dans une scène de Racine, la solidité :

Toute scène est un combat ! » — Parcourez Molière ; rrêtez-vous aux scènes les plus diverses :

Choisissez de simples conversations : littéraires, comme 1 scène 6 de la Critique; morales, comme la i*"^ du Misan- \rope; mondaines, comme la scène des portraits où brille ^élimène.... Relisez l'inutile visite de M. Dimanche à don uan, la discussion du 3* acte entre M. et M°*^ Jourdain, 1 scène du renvoi de Martine au 2" acte des Femmes savantes — Partout, vous assistez à une attaque et à une éfense, partout le moindre mot comique, comme les Qots tragiques chez Racine, est une arme dont la pointe ait reculer l'adversaire, et la scène se termine toujours >ar la victoire du personnage le plus intelligent, le plus udacieux, ou le plus brutal... A plus forte raison, dans es grandes scènes où les mots comiques sont en même emps des mots tragiques, où la comédie touche au drame, !t où nous constatons, après en avoir ri, qu'il faudrait en )leurer — Nous assistons à une bataille, une bataille perlue par la famille entière, dans ces trois scènes du 3^ acte le Tartufe où le traître met en déroute les honnêtes gens igués contre lui ! C'est un combat encore, un triste com- )at, dont la famille, toujours, se trouve la victime, que cette

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scène où Harpagon répond victorieusement par le fameux sans dot ! aux arguments les plus raisonnables ! C'est un combat, enfin, un combat douloureux, que la scène 6 de l'acte II dans le Malade imaginaire, où la pauvre Angélique succombe sous l'effort de tous ceux qui convoitent la fortune de son père...

A la prochaine classe je vous interrogerai, suivant vos préférences, sur telle ou telle scène. Puis nous insisterons ensemble sur une des plus importantes.

Cette lecture vous habituera à chercher des preuves à l'appui d'une thèse. C'est ainsi, par de grandes lectures faites en vue d'une démonstration, beaucoup plus que par l'étude minutieuse de quelques vers, qu'on apprend à observer, à composer et à écrire, (i)

(i) Le temps nous a manqué pour appliquer la même raéthode à l'analyse d'un caractère. Nous avons dû nous contenter de revoir, dans La Classe de Français, le portrait de Ghrysale (p. i4o), celui dOrgon (p. i4i) et la comparaison entre Euclion et Harpagon (p. i54).

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