Le dénouement
Il arrive... ce qui ne se passe ({uc bien rarement dans la vie : il arrive... le châtiment. L'n milan, faisant lofiice de deus ex machina, fond sur les deux adversaires et les enlève... Le poète lyrique, si discret pendant la crise où nous devions l'oublier, montre ici timidement la tête : il prend parti, il a pitié du « pauvret », et il savoure un instant le plaisir de la vengeance. — Triste plaisir ! Justice boiteuse ! Car l'innocent est puni avec le coupable. Mais La Fontaine connaît trop la nature pour exiger d'elle une justice exacte, une justice distributive ; il sait, pour 1 avoir beaucoup observée, que la justice de la nature est extrêmement sommaire, à un point déconcertant : elle punit les grands-pères sur leurs petits-fils, et ne montre que par hasard le discernement d'un Minos. La Bible avait dit cela depuis longtemps. Mais La Fontaine lisait peu la Bible (sauf Baruch !), et c'est l'observation quotidienne des choses qui lui avait appris que la justice parfaite n'est pas de ce monde. Après tout, à quoi servirait de s'en chagriner ? Les choses sont ainsi. Prenons-en notre parti; contentons-nous de rire en voyant la grenouille punie ; et consolons-nous du reste pour la beauté du fait... Et puis, il faut prendre tout au sérieux, rien au tragique ; nous avons peut-être employé un mot bien grave en ])arlant de drame, à propos de ce petit « conte » ; c'est la faute de