I. Un principe littéraire : la beauté morale du sujet
a) Définition de ce principe, à l'aide d'exemples modernes et connus de tous : le Rêve de Détaille, ï Angélus de Millet, Patrie de Bertrand, la Sainte Geneviève de Puvis de Chavannes, l'Excommunication de J.-P. Laurens...
Vous auriez pu, engageant un dialogue avec vos camarades, leur demander d'autres exemples, et vous assurer Bezard. — Méth. aô
ainsi qu'ils vous avaient bien compris. C'eût été un moyen de rompre la glace et de leur montrer ce que doit être cet exercice : une causerie.
b) Définition des termes dans lesquels Diderot loue le
sujet choisi par le peintre :
Qu'est-ce qu'un sujet pathétique?
Pour savoir ce que Diderot entendait par là, il faut, suivant le premier procédé de M. Lanson, le demander à Diderot lui-même. Aussi avez-vous heureusement décrit le Fils ingrat et le Mauvais Fils puni, pour en rapprocher le sujet de VAccordée de Village. Un sujet pathétique, pour Diderot, est un sujet qui touche le cœur, qui fait naître l'émotion, par les idées et les sentiments qu'il suggère, indépendamment de la valeur artistique du tableau.
Qu'est-ce qu'une émotion douce ?
La même comparaison vous a permis d'opposer à Vindignation (émotion violente) soulevée par le fils ingrat, à la pitié (émotion forte) inspirée par le cliâliment du malheureux, la sympathie (émotion douce) éveillée par l'aimable spectacle de ces fiançailles villageoises.
Enfin, vous n'avez pas négligé de nous signaler les inconvénients d'un pareil principe. Mais j'aurais voulu, ici, moins de discrétion. Pourquoi n'avez-vous pas insisté ?
B. — Je ne voulais pas empiéter sur le domaine réservé àdeB.
— Louable scrupule! Excessif, pourtant, puisque de B. n'a pas cité les exemples que j'attendais : M. Poirier s'extasiant devant un tableau médiocre, sans tenir compte de l'exécution vulgaire, parce qu'il représente « un chien au bord de la mer, aboyant devant un chapeau de matelot » ; les bourgeois de l'époque romantique versant une larme facile devant le Convoi du pauvre ou le Curé conciliateur, et ne cherchant dans une œuvre d'art que les choses les plus étrangères à l'art ! — Vous auriez trouvé des citations également bien amusantes (i) de Diderot dans le livre de
I. « Pourquoi ne lit-on pas, en matière d'enseigne, au-dessus de ces marchandes d herbes ; Divo Auyuslo, Divo Neroiii? ... Ces ruines nie parle-
DIDEROT CRITIQUE d'aRT 887
J. Reinach ; nous aurions volontiers entendu les conseils extraordinaires qu'il donne à Hubert Robert, et que le peintre, par bonheur, s'est dispensé de suivre. Arrivons à la seconde partie.