‹ De la méthode littéraireChapitre 22 sur 424 · III. — Encouragement aux savants · texte numérisé non relu

III. — Encouragement aux savants

— Défense de la science.

— Culte ridicule d'Aristote.

I — Les savants possèdent peut-être la

\ vérité.

C0.MPLI.MENTS sur le talent littéraire de Boileau.

Tout le monde s'accordait à louer 1 ampleur de l'accolade et l'imposant aspect des chiffres romains. Quelques esprits "îhagrins firent bien observer que le mot trouvaille était impropre et le mot intermède tout à fait déplacé. Mais le plan lui-même ne soulevait pas d'abord de critique sérieuse. — L'illusion fut de courte durée. Un élève fit remarquer que ces trois parties n'étaient qu en apparence distinctes les unes des autres ; en réalité, deux idées seulement, les

lEMERCIEMENTS

BOILEAU ET l'esPRIT SCIENTIFIQUE Sj

mêmes pour les trois parap;raphcs, auraient pu fournir les développements attendus : l'une est la critique de la routine, l'autre, l'éloge de la raison. Le Parlement, l'Université, les savants, ne pouvaient pas avoir trois manières de déflnir la routine et la raison : B. répétait trois fois le même paragraphe ! Et, de fait, le premier était à peu près vide, le second ne contenait aucun exemple précis, et c'est dans la troisième partie seulement qu'on en trouvait un ou deux. L'absence de raisonnement n'était dissimulée que par des anecdotes; celle des philosophes à longue barbe, surtout, nous avait agréablement distraits, mais leurs crânes « polis comme des boules d'ivoire » n'étaient pas plus dénudés que les paragraphes de l'auteur. 11 lui avait fallu quelque ingéniosité pour nous cacher par instants la faiblesse de sa pensée.

— Effaçons ce plan, et recommençons.

a La dernière chose qu'on trouve, dit Pascal, en faisant un ouvrage, est de savoir celle qu'il faut mettre la première j>. La vision rébarbative des pédants universitaires va donc passer du milieu au début. Elle remplacera l'anecdote, contestable et contestée, relative au neveu de Boileau. ht j écris :

Monsieur, J'ai reçu à Bâville votre petit projet (je n'ose dire, comme ^L Jourdain, votre petite drôlerie !) et le trouve fort à mon goût. Dieu merci, je suis momentanément protégé contre MM. de l'Université ; mais, dans quelques jours, il me faudra regagner Paris, et, dès le lendemain de mon retour, je suis sûr d'entendre heurter à ma porte le recteur et ses suppôts. Je serais tout attristé d'avance à la seule pensée de leurs grandes barbes, de leurs grosses besicles et de leurs bonnets carrés, si je ne me sentais entre les mains désormais une arme plus puissante que leurs syllogismes, capable de réduire en miettes leurs raisonnements par baroco.

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