CONSEILS
L'abbé d'Olivet, grammairien distingué, grand admirateur du xvii" siècle, auteur d'une Histoire de V Académie française, et lui-même académicien, avait fait partie quelque temps de la Compagnie de Jésus. II avait été, à ce titre, sous le nom de Père Thoulier, préfet des Etudes au collège Louis-le-Grand lorsque Voltaire y était élève. Le professeur et l'élève avaient conservé depuis les plus cordiales relations, et l'abbé d'Olivet eut la satisfaction de recevoir Voltaire à l'Académie.
Vous supposerez qu'il recommande la candidature de Voltaire à l'un de ses confrères, un grand seigneur assez libéral, qui hésite fort, pourtant, à voter pour l'auteur des Lettres anglaises. Voltaire avait échoué deux fois déjà, et n'entra que cette année-là (17^6) à l'Académie française.
N. B. — C'est le moment où l'écrivain est reçu avec faveur à la cour. Protégé par M™"^ de Pompadour, il ne cesse, de 17(^2 à 171^7, de voir grandir sa fortune. Chargé, en 17^3, d'une mission secrète à Berlin, il compose des opéras qui sont représentés à Versailles et célèbre la victoire du roi dans le poème de Fontenoy (1740). II est nommé historiographe de France et gentilhomme de la chambre.
Date de ses principaux ouvrages :
— Œdipe, 1718. — La Henriade, 1733. — Zaïre, 1732. — Le Temple du goût, 1733. — Charles XII, 1735. — Lettres anglaises, 1735 (brûlées par la main du bourreau). — Le Mondain, 1736. — Eléments de la philosophie de Newton, 1738, — Alzire, 1736, — Mahomet. 1742 (dédié au pape).
Enfin, l'abbé d'Olivet est au courant des travaux de Voltaire sur le siècle de Louis XIV, quoique l'ouvrage ne doive pas paraître avant
CORRECTION
I. — Correction des sept premières copies. Critiques relatives à la composition.
Sept élèves seulement dépassent la moyenne, s'échelonnant de 10 à 16. L'expression, chez eux, est correcte, parfois élégante et vive ; mais la composition laisse à désirer. Ils ne savent ni distribuer les idées en trois ou quatre développements, ni construire avec méthode chacun de ces paragraphes. Ils connaissent bien le sujet, ils donnent beaucoup d'exemples à l'appui des idées qu'ils avancent, mais ils les laissent dans un demi-désordre qui n'a certainement pas l'excuse d'être un effet de l'art.
B. (le premier). — Je m'en suis bien aperçu, mais je ne sais pas composer un dialogue.
— Je me rappelle, en effet, qu'en me remettant votre copie, vous avez exprimé le regret de n'avoir pas eu à traiter le sujet sous forme de lettre. Et je vous ai répondu que vous vous laissiez effrayer par un fantôme. Le plan d'un dialogue est à peu de chose près le même que celui d'une dissertation. La preuve en est que vous l'avez presque trouvé, d'instinct. Nous n'aurons qu'à modifier légèrement votre devoir pour le rendi^e tout à fait clair.
Voici le plan que nous adopterions dans une lettre de l'abbé d'Olivet à son noble confrère :
Préambule et Première partie : Les deux opinions en présence.
Deuxième partie : Le talent de Voltaire homme de lettres. Transition : L'objection : ses idées philosophiques. Troisième partie : Double réponse à Vobjection : Ce qu'on peut dire pour ou contre Voltaire : a) sur ses idées politiques ; 6) sur ses idées religieuses.
VOLTAIRE ET l'aC.-UJÉMIE [\lb
Vous verrez que toutes les idées exprimées par vous peuvent être mises dans cet ordre.