LA SAGESSE DE TLUGOT ^QS
tion des grains et la suppression des maîtrises n'occupent pas plus de place que la création des « Turgotines » ; le projet d'éducation nationale qui devait faire des Français a un peuple neuf » succède sans explication, chez G., à l'abolition de la torture ; et II. nous présente au petit bonheur la suppression des rorvées, la création d une caisse d'escompte, le système des « municipalités », sans nous laisser soupçonner ce que ^'oltaire et ïurgot entendent par ces mots... — La sécheresse et le désordre ont ici, comme toujours, une seule et même cause. Les élèves n ont pas vu le véritable motif pour lecjuel \ oltaire éprouvait le besoin d'écrire ; ils n'en ont pas déduit (très naturellement !) les idées générales autour desquelles ils auraient groupé les faits...
Le motif de Voltaire, que vous n avez pas entrevu, était de témoigner à Turgot sa confiance dans l'avenir et de relever le courage du ministre déçu.
« Monseigneur » (plutôt que « Monsieur »), devait-il lui dire, en ami et en philosophe, « vous êtes tombé, sans doute ; on s'est fort mal conduit envers vous... Mais vous pouvez vous consoler. Tôt ou tard, vos principes triompheront, parce qu ils sont justes. \ oici les motifs qui me le font espérer ! »
Telle est l'idée principale. Et voici les arguments qu'elle vous fournissait :
Un ministre tombé a trois motifs (sans compter les autres) de croire que la postérité lui assurera une revanche éclatante :
1° la solidité de ses idées considérées en elles-mêmes ;
2° la sottise de ses adversaires, qui ne sauront pas utiliser leur victoire ;
3° le souvenir que laisse sa personne dans l'esprit de ceux qui pensent et qui jugent.
Sur chaque motif, vous aviez deux ordres d'arguments à faire valoir, en examinant, comme d'ordinaire, le pour et le conU'e, de la manière suivante :
!ig& LE ROMANTISME ET LA REVOLUTION