‹ De la méthode littéraireChapitre 321 sur 424 · I. La rime · texte numérisé non relu

I. La rime

Le premier soin des romantiques sera de rendre à la rime toute son importance, plus d'importance encore qu'elle n'en avait eue au xvii^ siècle :

Rime, l'unique harmonie Du vers... (3)

Ils sentiront que, dans notre langue peu accentuée, il faut marquer d'autant plus fortement la fin des vers que c'est le seul élément fixe de notre poésie. Toute harmonie suppose d'abord un rythme bien marqué, le retour à intervalles égaux d'un temps plus fort que les autres. Aussi Victor Hugo, Théophile Gautier, Sainte-Beuve demanderont-ils

(1) Contemplations, Réponse i un acte d'accusation.

(a) V. la pièco de Sainle-Beuve citée par Dobcrain, l'Arl des vers, p. iii.

presque toujours à la rime d'être riche, et non plus suffisante. Chez Delille, nous trouvons bien quelques rimesl riches : architecture et structure — solidité et rapidité prudent et grondant — audacieux et deux — amers et mers. Mais les unes sont obtenues à l'aide de mots abstraits et sans couleurs, les autres grâce à des épithètes insignifiantes. La plupart ne sont que suffisantes, sans que le choix des mots et l'importance des images compensent la pauvreté du son.

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