‹ De la méthode littéraireChapitre 322 sur 424 · Les coupes · texte numérisé non relu

Les coupes

Si l'élément fixe des vers laisse à désirer chez Delille, l'élément variable, la coupe, est encore plus négligé. A l'exception de trois vers, où nous trouvons la forme 4-1-8 (vers 3) et la forme 2+10 (vers i5 et 19), tous reproduisent l'hexamètre classique (6 + 6), devenu de plus en plus monotone à mesure que l'on s'éloignait de la grande époque. La coupe médiane elle-même, si bien marquée chez Racine ou chez Molière, passe souvent inaper^;ue chez Delille :

Il réunit la force à la rapidité...

Dirigent ses sillons sur l'abîme grondant...

Son vaste sein reçoit tous les trésors du monde...

Dans ce dernier vers, il faudrait, pour faire sentir une césure quelconque, séparer le verbe de son sujet ou de son complément direct !

Il était temps que Victor Hugo vînt rappeler que la musique des vers est dans la variété des coupes, à condition qu'elles soient d'accord avec le sens et la grammaire...

Page 1