‹ De la méthode littéraireChapitre 332 sur 424 · Un sage I · texte numérisé non relu

Un sage I

Combien je préfère l'honnête simplicité du premier !

On pourrait presque dire de la lecture, commence-t-il, ce qu'Esope disait de la langue : c'est tout à la fois la moillcurc et la plus mauvaise chose du monde. Luifluence de la lecture est capitale sur un homme

intelligent, qui pense, qui raisonne: elle peut déterminer ses idées, se méthodes, ses sentiments et, par suite, sa conduite ; c'est parce qu'il ; lu encore enfant la bataille entre les Francs et les Romains, dans le Martyrs de Chateaubriand, qu'Augustin Thierry fut un des grands his toriensdu xix« siècle. Mais cette influence est bien souvent néfaste. Com bien d'enfants se sont rempli lacerveiledechimères absurdes engendrée par les contes de fées 1 Combien sont partis, quatre sous en poche, i la conquête du monde, et se sont vus ramenés à leur famille par li gendarmerie, pour avoir trop lu Jules \erne! Combien, pour joue à Sherlock Holmes ou bien à Arsène Lupin, se sont attiré de méchante histoires par des exploits ridicules! Combien enfin, qui connaissaien trop les feuilletons de tel ou tel journal, ont pris la vie pour roman, cherchant sans trêve ni repos l'héroïne de leurs rêves !

Pour mon compte, je dois avouer que la lecture n'a pas encor exercé sur mon humble personne, soit en bien, soit en mal, une pareill influence ; et je puis dire qu'elle ne mérite de ma part, dans l'élog ou dans le blâme.

Ni cet excès d'honneur, ni cett« indignité.

La lecture n'a pas déterminé ma carrière, pour la bonne raison qu j'ignore encore, à deux mois du baccalauréat, quelles portes doi m'ouvrir le fameux parchemin. Elle n'a même pas déterminé la direo tion de mes études, puisque c'est pour des raisons toutes pratiques e terre à terre que j'ad choisi la section G... Mais elle m'a confirm< ensuite dans ce choix, et elle m'aide, par le charme cpi'elle répam sur nos études, à en découvrir l'intérêt.

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