‹ De la méthode littéraireChapitre 357 sur 424 · QUE PENSONS-NOUS AUJOURD'HUI DES MÉDITATIONS DE LAMARTINE · texte numérisé non relu

QUE PENSONS-NOUS AUJOURD'HUI DES MÉDITATIONS DE LAMARTINE

I. RÉFLEXIOINS ET CAUSERIE a. APPLICATION A UN SUJET DE BACCALAURÉAT

SOMMAIRE

1^' travail.

Réponses écrites aux questions suivantes :

1. Avez-vous lu les Méditations? De vous-mêmes ? Sur quels conseils ? A quel âge ? Les avez-vous relues ? Habituellement ?

2. Quels sont, parmi vos idées ou vos sentiments habituels, ceux que vous avez le plaisir d'y retrouver ?

3. Quels sont ceux, au contraire, qui, habituels à Lamartine, vous choquent, vous ennuient ou, d'une manière quelconque, ne vous paraissent pas correspondre aux vôtres ?

2^ travail.

(A ne faire qu'après le précédent.)

1. Analyser le chapitre de M. Faguet sur Lamartine dans son XIX' siècle.

a. Chercher, avec l'aide de ce critique, comment nous pouvons définir d'un mot l'originalité de Lamartine.

.ILUKMI.M nES KLEVKS t^t H I.A \l \ Il lOK Jij.

COMPTE RENDU DE LA CLASSE

< >n dit cjuc Lamartine redevient à la mode. Je n'oserais j).i> 1 allirmer d après vos réponses !

Une grande partie d entre vous (prés de la moitié) ne l'avaient jamais lu. Parmi ceux qui le connaissaient, la plupart n'en ont vu que de courts extraits. Enfin, ceux-là même tjui, soit pour obéir à leur professeur de Troisième, soit par curiosité, soit par désœuvrement, ont lu d'un l>out a lautre les Méditations, n'en parlent pas avec cet accent driithousiasme ou de sympathie qui ne laisse aucun doute sur la sincérité de l'émotion. J'ai connu des « I..amartiniens ». A une exception près, ce n'étaient pas des jeunes gens. Lis plus convaincus étaient deux instituteurs, âgés de quarante à cinquante ans : Bourguignons, voisins de cette propriété de Montculot où Lamartine écrivit les Étoiles, ils Taisaient chacun plusieurs lieues, accompagnés de leur famille, pour se retrouver au bord de l'étang, sous les tilleuls centenaires décrits par le poète ; et là, ils relisaient à haute voix les Méditations... Je crois bien que, si l'on veut trouver des amis « du premier degré », de vrais amis du noble poète, c'est plutôt chez des hommes mûrs, comme ceux-là, d'habitudes modestes et de vie retirée, qu'on a chance de les rencontrer. Une longue expérience les a formés, avertis ; mais leur âme a gardé, dans une existence simple, solitaire et rustique, toute sa fraîcheur d'impression : ils ont vécu sans vieillir ; aujourd'hui encore, ils sont restés jeunes sous leurs cheveux gris... Or ce mélange d expérience et de bonté, d intelligence très avisée et de sensibilité très pure, est précisément ce qui fait l'originalité de Lamartine. « J'étais né, dit-il, sérieux et tendre. » XiHis le voyons définir en termes analogues par un écrivain connu par sa sévérité pour les romantiques. Le chantre d Klvire désarme sa critique. « Kn lui je crois sentir, avouet-il(i), le gx'and et serein naturel des classiques. » 11 lap-

(i) P. Lasserre, Le Bomantisme Fraiirais.

Biz.vRD. — Métii. 38

BgA DU ROMANTISME AU RÉALISME

pelle une « âme de lumière », « fidèle reflet des choses », « transparent (l'expression est de Lamartine lui-même) à toute la beauté éparse dans les œuvres de Dieu ». 11 le déclare, avec raison, le poète idéaliste par excellence ; il voit loriginalité de sa poésie dans la « rare noblesse de l'inspiration ».

Je ne dis pas, bien entendu, que vous soyez incapables de vous élever à ces hauteurs ! Je cVois que beaucoup d'entre vous se calomnient quand ils avouent n'éprouver que de l'estime pour notre grand élégiaque. Mais il est certain que vous êtes un peu jeunes pour le goûter pleinement. Un jour viendra où vous le trouverez moins « ba- n nal » dans les sujets, moins « vague » dans les senti- 11 ments... moins « i83o » enfin (l'un de vous l'a écrit !) dans la philosophie.

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