‹ De la méthode littéraireChapitre 363 sur 424 · C. — ... après laquelle il a vécu très tranquille · texte numérisé non relu

C. — ... après laquelle il a vécu très tranquille

de B. — ... et pensé à tout autre chose jusqu'à l'âge de quatre-vingts ans...

B. — ... comparée à la douleur de ce malheureux qui, par emportement, par folie, a tout perdu, tout brûlé au feu d'une passion insensée... Et comme la leçon qu il lire de ses malheurs est autrement émouvante que la promenade au clair de lune sur le lac aux eaux dormantes !

— A quels vers songez-vous surtout ?

B. — Pour la profondeur des regrets, à la Lettre à Lamartine, au début du Souvenir.

— Et pour la puissance de l'amour, pour la nécessité d'y voir le grand but de l'existence ?

B. — Au passage célèbre du Souvenir:

Oui, les premiers baisers, oui, les premiers serments Que deux êtres mortels échangèrent sur terre, Ce fut au pied d'un arbre effeuillé par les vents, Sur un roc en poussière.

Ils prirent à témoin de leur joie éphémère Un ciel toujours voilé qui change à tout moment, Et des astres sans nom que leur propre lumière Dévore incessamment.

Tout mourait autour d'eux, l'oiseau dans le feuillage, La fleur entre leurs mains, l'insecte sous leurs pies, La source desséchée où vacillait l'image De leurs traits oubliés ;

d'un jugement américain sur MUSSET 6ll

Et sur tous cos débris joignant leurs mains d'argile, l'Uourdis dos éclairs d'un inslaiil do plaisir, Ils croyaient échapper à cet Lire immobile Qui regarde mourir.

— Insensés I dit le sage. — Heureux ! dit le poète...

— Vous pouvez ajouter que la morale, la science et la religion elle-même déclarent, comme le poète, que ceuxlà ont compris le sens de la vie. Seulement, elles y mettent une condition : que cet amour ne soit pas sa seule fin à lui-même ; que l'homme considère toujours les conséquences de son acte et ne le rende funeste ni à lui, ni aux autres. C'est pour l'avoir oublié que Musset a tant souffert ; mais c'est pour nous l'avoir redit, au milieu de ses sanglots, qu'il mérite d'être aimé de la jeunesse.

B. — Les prêtres et les pasteurs ne sont pas toujours, du l'esté, aussi sévères à Musset que l'ecclésiastique de la Sorbonne... M. Jules Lcmaître remarque qu'on le cite beaucoup en chaire.

— Oui. Pour deux raisons. La première, sur laquelle nous avons insisté, c'est qu'ils reconnaissent en lui l'accent de l'humanité blessée, de l'humanité pécheresse, victime de sa faiblesse et de son orgueil, un accent bien proche de l'accent chrétien...

de M. — S' Augustin !

— En effet ; vous ne trouverez guère ailleurs que dans la littérature religieuse ces effusions de l'âme tombée, cette reconnaissance pour les forces qui consolent, ce besoin de réparer le mal causé par l'amour par une foi de plus en plus grande dans la beauté, la toute-puissance de la charité :

Tout mon cœur te bénit, bonté consolatrice I

11 a souffert par le cœur ; et c'est le cœur que consolent toutes les religions de la soufTrance.

Elles consolent aussi par la foi, et Musset l'a très bien senti. On sourit généralement de ÎMusset philosophe ; on traite V Espoir en Dieu de déclamation...

6(2 Dl nOMA>TlSME AU REALISME

B. — On a tort...

— On a peut-être plus raison de trouver que les éloquentes protestations de Rolla sont amenées par un incident des plus ridicules et des plus vulgaires, et que c'est vraiment profaner...

B. — La Lettre à Lamartine n'est gâtée par aucune faute de ce genre.

— Aussi est-elle comparable aux plus bellespièces philosophiques de Lamartine lui-même. Même dans les autres poésies de Musset, je ne puis trop vous recommander de relire les passages suivants :

l. Tristesse de la condition humaine, si l'on ne consulte que la raison.

— Vanité de la. philosophie.

Il existe, dit-on, une philosophie.

(^Lettre à Lamartine.)

— Fragilité des religions.

(Début de Rolla.)

IL Confiance dans la voix du cœur et de la conscience. Croyance en Dieu et en l'immortalité del'àrae.

— Lettre à Lamartine, de «Eh bien!.. » jusqu'à: « Créature... »

— Hymne de VEspoir en Dieu.

— Pin de la Lettre à Lamartine.

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