I . La curiosité de l'aventure
On désire d'abord savoir « ce qui arrivera », l'aventure devant être d'autant plus captivante que les héros trouveront plus d'obstacles sur leur chemin et courront au succès ou à la catastrophe par une série plus variée de péripéties romanesques.
w Tout roman de Jules Verne, dit l'un, est lié pour moi
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<iu souvenir d'un foi-t mal de tôtc. Je ne le quittais guère que pour manger, vite et mal. Je voulais savoir la suite.
— Moi, dit un autre, j'évitais le mal de U\te, mais en passant les descriptions, les considérations scientifiques, tout ce qui m'empêchait d'arriver rapidement au but.
— Kt moi, déclare un troisième, je commen(;ais par regarder la fin.
— Oui, oui, c'est bien cela, appuie la majorité! » — Kt l'on rappelle les titres sensationnels, les images criardes, les afiichos énormes, le Mystère de la (Chambre jaune, le Parfum de la Dame en noir, le Crime de Grammery-Park, le Fantôme de l'Opéra, les Possédées de Paris... Il est certain que tous, plus ou moins, nous ol)éissons à cette forme inférieure de la curiosité qui nous presse de connaître un résultat, quel qu il soit ; pourvu qu'il y ait une énigme, un rébus à débrouiller, l'auteur nous intéresse par son ingéniosité à des choses en elles-mêmes fort peu intéressantes. M. Jules Lemaître a été très sévère pour ces innocentes distractions : « Après cela, dit-il dans son réquisitoire connu contre M. Georges (Jhnet, que le romancier compose assez bien ses récits, qu'il en dispose habilement les différentes parties et que les principales scènes y soient bien vues, cela nous devient presque égal... » — Les élèves n'éprouvent à aucun degré les scrupules du critique; ils ne rougissent nullement de partager, sur ce point, le goût de lecteurs moins instruits ; tout ne leur paraît pas à dédaigner dans le roman chez la portière, et le récit de simples aventures, même dénué de psychologie, trouve en eux des amateurs convaincus.