Laurent. Avant-projet, p
LR ti
Nemo in rem suam auctor fieri potest (1).
Cette même formule, Portalis n’a pas craint de la rappeler au Corps législatif, commentant en ces termes un si puissant argument donné à la prohibition de l’article 1595 :
« Le mari est le chef de la communauté; il est l'administrateur des intérêts communs : la femme ne peut donc faire aucun acte sans son autorisation.
«Pourrait-on se promettre que la même personne sût concilier l'intérêt exclusif et personnel d’un contractant avec la sage vigilance d’un protecteur. Il répugne que l’on puisse être à la fois juge et partie. Or, quand on autorise, on est juge, et on est partie, quand on traite.
«On peut, comme partie, chercher son bien propre et particulier, et comme autorisant, on ne doit travailler qu’au bien d'autrui» (2).
D'autre part, si on rapproche la prohibition de larticle 1595 de celle des articles qui suivent (1596 et 1599), on constatera l'analogie qui existe entre ces diverses dispositions, qui ne permettent pas que deux qualités contradictoires soient réunies en les mêmes mains.
1. Dig. L. I. De auctoritate et consensu tutorum et curatorum, XX VII, 8.