Fenet, t. XIV, p
tout temps et parfois jusque dans les situations les plus élevées, il s’est toujours trouvé des consciences disposées à user de ces manœuvres et de ces dissimulations, de telle sorte que, sila prohibition de l’article 1395 n'existait pas, un libre cours serait ouvert aux fraudes les plus scandaleuses, sans que le respect du droit fût assez fort pour opposer une digue au torrent.
Rappelons-nous par exemple cette scène du Malade imaginaire, où Argan demande à M. de Bonnefoi, son notaire, fort habile et honnête homme, « un moyen pour donner ses biens à sa femme et en fruster ses enfants » (1).
Celui-ci lui répond que « ce n’est point à des avocats qu'il faut s’adresser, car ils sont d'ordinaire sévères là-dessus, et s'imaginent que c’est un grand crime que de disposer en fraude la loi. Ils sont ignorants des détours de la conscience ». Etil lui explique qu'il y a & d’autres personnes qui sont bien plus accommodantes, qui ont des expédients pour passer doucement par-dessus la loi et rendre juste ce qui n’est pas permis, qui savent aplanir les difficultés d’une affaire et trouver des moyens d’éluder la coutume par quelque avantage indirect ».
Ce genre de fraudes, dans les donations que se font