‹ De la Prohibition de la Vente entre ÉpouxChapitre 46 sur 75 · Malade Imaginaire. Acte I. Scène IX · texte numérisé non relu

Malade Imaginaire. Acte I. Scène IX

entre eux les époux, n’est d’ailleurs point spécial à l'époque de Molière, et ne voyons-nous pas que le souci d'y remédier a toujours été la préoccupation constante du législateur ?

Dès l’époque romaine, vers le vi’ siècle de la fondation de Rome (1), des mesures prohibitives parurent nécessaires, parce qu'il était à craindre que, non seulement les époux, cédant trop facilement à un amour mutuel, ne pussent se dépouiller de leurs biens «ne mutuato amore spoliarentur (2) »,ou que le lien du mariage ne devint entièrement vénal, alors que chacun des conjoints pouvait menacer l’autre d’un divorce, s’il ne lui faisait immédiatement une donation, «ne discutarentur matrimonia si non donaret, is qui posset » (3), mais encore que ceux-ci ne fussent détournés par le souci d’un vil intérêt du soin d’élever convenablement leurs enfants (4).

Notre droit coutumier n’a pas non plus été insensible à de semblables craintes, et il a tenu à protéger la famille contre les libéralités exagérées, en empéchant «les conjoints par mariage de se donner tous

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