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toutefois le caractère du change et ce qu'on entend par son cours (1).
Le change manuel ou local n’a que faire ici; c'est l’échange des monnaies, office des changeurs ; par opposition existe le change tiré qui sera mis en lumière par une espèce. Restons en France : un commerçant de Paris débiteur d'un négociant marseillais veut acquitter sa dette, Il cherche sur sa place une lettre de change payable à Marseille, l’achète, l'envoie à son créancier; celui-ci réclame le paiement au débiteur de la lettre : mode de libération plus commode et moins coûteux que celui qui consisterait dans l’envoi de numéraire, Les mêmes avantages reparaîtraient et seraient amplifiés s’il s'agissait de paiements à faire à l’étranger; cela est facilement compris.
Supposons, dans notre hypothèse d'école, que le commerçant devait cent francs. Croit-on qu'il achètera, moyennant ce prix, la lettre qu’il convoite? Point du tout ; elle coûtera 101, 102, 103 francs, abstraction faite du droit de commission, et le change sera précisément la différence entre la valeur nominale du titre de crédit et le prix auquel il est négocié; elle variera, d'où le cours du change. Cette différence, ces variations sont-elles bien évidentes? On peut l'affirmer; les effets sont traités en marchandises. La loi, si active, de l'offre et de la demande, entrera en scène inévitablement (2); le terme plus ou moins éloigné du paiement, la confiance plus ou moins grande accordée à la signature du débiteur agiront sur la valeur du papier.
(1) Quant à la certification du compte de retour des effets de commerce protestés, nous engageons à lire les articles 178, 179, 180, 181, 186 du Code de commerce et le décret du 24 mars 1848 qui modifie les deux premiers et suspend l'exécution des trois autres.
(2) La lettre sera peut-être vendue quatre-vingt-dix-neuf francs.
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Les personnes qui ont des paiements à faire à l’étranger sont celles qui ont acheté à l'étranger et les importations viennent d'elles; par contre, les effets de commerce tirés sur l'extérieur sont d'autant plus abondants qu’on a vendu davantage au dehors, d'autant plus nombreux que les exportations sont elles-mêmes en plus grande quantité. La cherté du papier sur l'étranger montrerait, à un moment donné, que le nombre des titres demandés est supérieur à celui des titres créés, dans cette conjoncture les importations excédent les exportations et le change sera défavorable à la France. L'économie politique disserte longuement sur ce sujet séduisant, mais nous continuerons notre route afin de ne pas encourir nous-même le reproche d’immixtion.
Pour mesurer et coter les variations du change on prend, comme point de repère, la lettre de change qui porte sur la valeur de l'unité monétaire (1) multipliée par cent; suivant les différents pays, on se guidera sur les effets de 100 franes, 100 marks, 100 dollars, 400 florins, 100 krones, 100 pesetas, etc., et on cherche si elle est cotée au delà ou en deçà de sa valeur nominale : dans le premier cas elle est au-dessus du pair, dans le second audessous. Cotée à la valeur nominale, on la déclare au pair.
Le cours du change est coté dans les journaux comme le cours de la Bourse proprement dite (2).
Les opérations qui incombent aux agents de change —
(1) Exceptionnellement, Suns le change ser Lemères, em prend pour unité là lettre de change de une Evre, ont k valeur réelle est de 25 francs 29 centimes.
(2} Voir ser cette question le Précis du cours de droit commercial, & Boistel, p. 465. Voër aussi Précis du cowrs d'éconcemis politique, de Canwès, LE, ms538, 595, 596, @1, et le Princines d'éranomie politique, de Charèes Gide, p. 339.