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De telles propositions cadrent d'ailleurs avec la tendance générale des partisans de cette doctrine, car en cherchant à réformer ainsi la famille ils attaquent l’une des institutions fondamentales de la société actuelle.
Ces divers facteurs, qui sont à la base de l'évolution des idées relatives à la famille et qui ont conduit à une conception nouvelle de celle-ci, aurait été loin d'avoir l’action qu ils ont eue s'ils n'avaient été favorisés par les progrès intellectuels des membres de la société en général et en particulier de l’un des plus intéressés, la femme. Il en est résulté un mouvement littéraire considérable.
« Tandis que les filles, dit M. Marcel Rouquet, ne recevaient qu'un vernis brillant et peu profond, que l’instruction était à peine répandue dans les milieux populaires, une véritable émulation s'est établie de nos jours, entre les sexes, de même qu'entre les différentes classes sociales. La femme s’est élevée par l'étude au niveau de l'homme, et le nombre toujours croissant des gens instruits marque un progrès qui constitue encore un facteur de l’émancipation individuelle. Grâce à l’école, à la conférence, à la presse, ceux des membres de la famille qui n'avaient joué jusqu'ici qu'un rôle passif au foyer, ont pris conscience de leurs droits et aspirent à en avoir la jouissance. De là, les revendications qui se produisent, notamment dans le
camp féministe (1). »
(4) Marcel Rouquet, Evolution du -droit de famille vers l'individualisme, p. 34.
144 DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE Il
Les romans, les théâtres, les journaux, les revues et certains traités doctrinaux ont vulgarisé la question et l'ont traitée dans le sens que nous venons d'indiquer (1).
De toutes parts on constate le progrès de cet individualisme.
L'état de l'opinion étant tel en ce qui concerne l’union des personnes, la situation des biens des époux ne pouvait manquer de s'en ressentir. Mais à ce dernier point de vue, l'œuvre législative est encore fort peu avancée. il est pourtant deux lois d’une importance capitale et dont nous devons parler avant d'aborder la question du meilleur
régime légal à adopter.
(1) Cf. Avigdur, Evamen critique des tendances modernes dans le mariage et vers l'union libre. Thèse, Paris, 1909, p. 239 et suiv.