PRÉFACE. IX
Je no me suis pas laissé intimider par ces opinions. Le commentaire se prête au développement des plus importantes théories, sans s'éloigner jamais du texte qu'il explique. C'est le commentateur qui rapproche tle la loi les opinions des auteurs et les arrêts des tribunaux, et qui mesure leur valeur sur ce texte inflexible, qui est sa boussole. C'est lui qui scrute la pensée profonde que contient chaque mot; qui, naturellement, sans elïort et sans détour, remonte aux origines et éclaire par l'histoire les antécédents et la naissance de la ioi. J'aime à le voir soumis à ces entraves dont l'auteur d'un traité se félicite d'être affranchi. Car celui-ci, choisissant avec liberté le plan qui lui sourit, secouant le joug des classifications admises par le législateur , se persuade trop facilement que le terrain sur lequel il travaille est exclusivement à lui; il est plus enclin à oublier le texte qu'il n'a pas sous les yeux , et à substituer des systèmes que la loi condamne à ceux qu'elle a décrétés.
Un exemple viendra à l'appui de ce que j'avance. Toutes les personnes instruites connaissent le traité de Menochius De prœsumptionibus , et celui du cardinal Manlica De conjecturis. 11 est impossible de trouver plus d'érudition que dans ces deux ouvrages, où tous les cas semblent avoir été prévus, et où l'on voit invoqués avec une scrupuleuse exactitude les jurisconsultes les plus accrédités comme les auteurs les plus ignorés aujourd'hui. Que de reproches cependant la saine critique n'a-t-elle pas adressés à ces docteurs! que d'arguties et de conjectures capricieuses! quel dédale de présomptions pour torturer la vérité sous prétexte de la mettre en lumière!! Et, pour ne citer