‹ De la vente, ou, Commentaire du titre VI, livre III du Code civilChapitre 9 sur 116 · XXIV PREFACE · texte numérisé non relu

XXIV PREFACE

près dans toute leur force, les censures de d'Aguesseau et de Bretonnier. Tantôt les faits sont tronqués et supprimés totalement; et cependant qu'est-ce qu'un arrêt sans un exposé fidèle et détaillé des fails qui l'ont amené? tantôt ce sont les motifs que l'arrêtiste retranche, sous prétexte d'une identité dont il se rend seul juge, et qui est souvent fautive; ici, une circonstance décisive se trouve omise et laisse l'arrêt inexplicable; là, les faits retracés par la notice sont en opposition avec ceux que la décision déclare constants, sans que rien prépare celui qui lit à cet antagonisme, et lui en donne la clé. Joignez à cela l'inexactitude qui dépare quelquefois les sommaires et trompe le lecteur inattentif ou pressé par le temps; l'exposé incomplet des moyens des parties , l'absence des conclusions du ministère public, etc. Sans doute, ces défauts ne sont pas habituels, et ils sont rachetés par beaucoup de qualités. Us tiennent moins à l'insuffisance de capacité de Ai M. les arrêtistes, qui sont des avocats distingués et très occupés, qu'à la nature même de ce genre de travail , qui est ingrat et rebutant (1), et qui est rarement accompagné des documents originaux qui peuvent l'éclairer. Mais il n'en est pas moins vrai qu'en l'état des choses, les collections d'arrêts ne doivent être consultées qu'avec de grandes précautions. C'est pourquoi j'ai cru que c'était pour moi un devoir de signaler les lacunes que j'ai trouvées dans ces sources

(1) Le président Favre, qui fut aussi un arrêtiste du premier mérite, disait cependant tpie ce genre d'occupation lui paraissait peu digne de lui. Mihi pigebat maxime (nec enim dissimulo) tàm. ignocili laloiu tant uni tempo ris dari. (Préface de son Gode.','

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