‹ Des assurances maritimes et des avariesChapitre 4 sur 106 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

Dieu conduise le tout h bon sauvement... Dieu les conduise et fasse salve. Amen. »

Les travaux de nos devanciers ont été mis par nous très-amplement à contribution. Parmi ceux dont le nom revient le plus souvent dans le cours de ce livre, citons particulièrement M. de Courcy, dont la verve humoristique, pleine de bon sens, tient le jurisconsulte en garde contre les écueils de la théorie pure, et lui montre comment une solution d'apparence équitable et raisonnable pour l'homme de cabinet serait une injustice et une monstruosité aux yeux de ce même homme ayant vu naviguer un navire, ou ayant assisté au déchargement d'une cargaison.

Nous avons recueilli les documents de la jurisprudence dans la plus large mesure, suivant en cela l'exemple d'Emerigon qui dit dans sa préface : « II... serait... difficile d'entrer dans le véritable sens de plusieurs articles de l'Ordonnance si l'on n'était éclairé par la jurisprudence des tribunaux et par quelque expérience dans les affaires nautiques. On ne doit donc pas être surpris du grand nombre d'arrêts, de sentences et d'exemples qui seront rapportés pour fixer les idées et éclairer les saines maximes. » Nous avons mis à contribution les recueils spéciaux, notamment ceux du Havre, de Marseille, le Journal des Assurances, le Journal des tribunaux de commerce, etc. Les arrêts s'inspirant des idées pratiques développées devant la justice par les gens du métier, l'étude de ces arrêts fournit une foule de connaissances techniques qu'on serait embarrassé de trouver dans les livres de doctrine. Elle est particulièrement in-

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téressante pour les assureurs qui ne veulent plaider qu'à bon escient, et ne se hasardent pas à lutter contre une jurisprudence établie, quelque erronée qu'elle puisse leur paraître. Il leur est parfois pénible de s'exécuter. « On les a, dit Emerigon, comparés aux femmes qui conçoivent avec plaisir et enfantent avec douleur. » Mais on n'a pas à leur faire grief de leurs sentiments intimes. Les compagnies qui se respectent se libèrent, sinon sans douleur, au moins sans soulever de chicanes ; seulement encore faut-il qu'elles se garent contre la mauvaise foi de certains assurés. Casarégis prétendait que de son temps les fraudes étaient si fréquentes que les assureurs étaient plus dignes de pitié que les assurés : « Digniplus miseratione censeri debent assecuratores quam assecurati. » Les assurés d'aujourd'hui ne sont plus, sans doute, ce qu'ils étaient à l'époque de Casarégis, et depuis lors la loyauté commerciale a fait des progrès. Mais l'intérêt personnel, si puissant chez eux, puisqu'ils luttent souvent pour éviter la ruine, peut aveugler leur discernement; ils peuvent se méprendre sur retendue de leurs droits, et avant de partir en guerre, ils ont besoin de se demander quelle sera l'issue du combat. Nous avons voulu leur fournir ici les éléments de délibération.

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