‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes, et des moyens de les rendre meilleuresChapitre 141 sur 156 · APPLIQUE AUX LIBÉRAS ADULTES · texte numérisé non relu

APPLIQUE AUX LIBÉRAS ADULTES

fallait soigner les intérêts de toutes les classes cVouvriers.

Un magistrat éminent, qui a marqué son passage à la préfecture de police par plus d'une amélioration dans les mœurs, eut à lutter contre un inconvénient analogue, après avoir fondé , rue de Loursine , il y a dix ans, une maison de refuge et de travail, en faveur des malheureux réduits à la mendicité. Aux époques de chômage, il se trouva des individus, qui, croyant que la maison de refuge recueillait sans distinction , tous les pauvres manquant d'ouvrage, vinrent y réclamer du travail , mais ils furent § refusés, sur le motif qu'ils ne se livraient pas à la mendicité. Blessés autant que surpris de la cause d'un pareil refus , ils exprimèrent tout haut , et avec amertume, leur mécontentement de ce que la prévoyance de l'autorité ou de la philanthropie , ne se fût arrêtée que sur les mendians, lorsque tant de pauvres ouvriers, répugnant par fierté à suivre leur exemple, n'en étaient pas moins dignes d'intérêt et d'assistance.

Le successeur de celui qui avait créé cet établissement , frappé de ce qu'il y avait de contradictoire, entre le but du fondateur, qui était d'extirper la mendicité et les conséquences que nous venons de gnaler, jugea prudent de faire fermer la maison

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(le la rue de Loiirsine , de peur qu'elle n'excitât à la mendicité au lieu de servir à l'éteindre , et les bons esprits applaudirent à cette mesure. En toutes choses, a dit le sage, il faut considérer la fin. Il est beau sans doute de faire du bien ; mais ce bien doit être étudié dans ses résultats, et si en profitant à quelques-uns, il est dommageable à la moralité publique, il va contre son but fondamental, qui est de favoriser les bonnes mœurs. Craignons que l'institution des sociétés de placement,ne jette dans le cœur de l'ouvrier un doute fatal, sur les avantages de l'intégrité et de l'honneur; craignons, qu'après avoir ôté une nouvelle issue à la mendicité, en supprimant courageusement l'œuvre charitable d'un magistrat éclairé, on ne fasse du sort du libéré, un objet d'envie pour l'ouvrier , en le confiant aux soins de sociétés de patronage.

On nous objectera que ces sociétés ont été préconisées par nous, à propos de la réforme des jeunes libérés, et que si elles produisent d'utiles résultais dans ce cas, elles pourraient en produire dans l'autre.

Nous pensons, au contraire, qu'il ne serait pas judicieux de conclure d'un cas à l'autre. En effet, remarquez que, là, il s'agit d'enfans, et qu'ici, il est question d'homnus faits. Les jeunes libérés sont

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