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«A Lausanne, comme à Genève, une même règle avait été «adoptée, dans l'origine simultanée des deux établissemens. « Cette règle reposait sur l'admission de ces trois points ; isole- « ment des condamnés, pendant la nuit; réunion silencieuse dans « les ateliers , pendant le jour j liberté de communication dans « les cours et dans les réfectoires pendant les heures consacrées « aux récréations et aux repas. C'était là , dans notre opinion , le « nec plus ultrà de la réforme.
ce On était unanime à reconnaître que le silence absolu était « une mesure aussi impraticable que dangereuse. Ce ne fut pas « même sans peine que l'on soumit les correctionnels à la règle « commune.
ce Pendant les premières années, on occupait la plupart d'entre ce eux à cultiver les terres qui entourent la prison j quelque imparte fait que fut ce système , il produisit pourtant, comparativement
5l4 PIïiCES JUSTIFICATIVES.
« à celui qu'il avait remplacé, quelques résultais dont on put (c s'applaudir. Il nous éloignait déjà si fort de l'ancien régime « que nous nous cro^fions près de la perfection. Mais on reconnut « bientôt qu'il était loin de produire tout ce qu'il avait d'abord a promis. Le chiffre des récidives se maintint j l'ordre obtenu ce n'était qu'extérieur; les détenus qu'on croyait amendés étaient « précisément ceux qui l'étaient le moins j on résolut d'aviser « à de nouveaux moyens.
ce Le vice radical de notre début était facile à découvrir. Il se « trouvait, avant tout, dans les communications plus ou moins « libres des détenus entre eux , pendant les récréations dans les « cours.
« Ce fut en vue de prévenir ou d'arrêter la circulation des « mauvaises idées , aussi bien que pour rendre l'exercice en plein (c air plus salutaire à des hommes qui, pour la plupart, avaient (c échangé les travaux des champs contre ceux des ateliers d'une a prison, que nos préaux furent convertis en jardin , et que la « culture de la terre fut encouragée, par l'abandon que fit la maice son de la presque totalité du produit de cette culture , au profit ce de ceux qui y consacreraient leurs heures de loisir. Mais un très ce petit nombre profita de cette offre ; le plus grand nombre préféra ce rester à ne rien faire, et causer, comme par le passé , s'égayant « aux récits qu'on se faisait par groupes, ou aux projets qu'on ce tramait dans un coin.
<c Ces causeries ne pouvaient qu'être très difficilement surveilee lées et empêchées, dans nos vastes préaux-jardins. Les abus des ce anciennes cours se reproduisaient ici, avec d'autant plus de dance ger, qu'on croyait y avoir apporté un meilleur remède. Mais on ec reconnut bientôt l'inefficacité de ce remède, et l'on s'occupa ce d'en rechercher un autre.
ce C'est alors qu'on songea , non pas encore à introduire la règle (C du silence absolu dans les cours (cette règle rencontrait encore