A LA CURIOSITÉ DU PTUPÎ.H
ne puis m'cmpécher dédire qu'elle existe , tout involontaire qu'elle soit, et je la déplore. En Angleterre et en Allemagne , la critique a traité avec une grande sévérité les productions de la première de ces écoles qu'on a coutume de désigner sous le titre de romantique. J'acquiesce pour ma part , sans restriction au jugement qu'elle en a porté. Je pense avec elle, que non-seulement, cette littérature doit avoir pour effet de corrompre le goût, mais que son influence sur la société, le gouvernement et les mœurs, aura plus de portée qu'on ne l'imagine. Cette influence me paraît d'autant plus digne d'être approfondie par l'administration, que le nouveau drame a envahi les théâtres de premier ordre aussi bien que les théâtres secondaires.
Quand on considère la douceur de nos mœurs et ce qu'il y a d'exquis dans l'honnêteté publique en France, on serait tenté de croire que les deux auteurs qui se sont le plus exercés dans ce drame bizarre, et qui semblent avoir entrepris d'allier la grandeur avec le crime, ont voulu mettre notre civilisation à l'épreuve. Les monstruosités dramatiques de Shakspear , qu'on a tant de fois censurées chez nous, ne sauraient être comparées avec le débordement de crimes et d'impuretés étalés sur la scène romantique. Un recueil estimé, que nous
rgo FOND DU dramt: romantiquf,
avons déjà cité (i) a publié, en i834, un article traduit du Theairical magazine, dans lequel l'auteur apprécie avec une rare sagacité et une critique pleine de force et d'originalité, le drame qui nous occupe. Cet article contient une énumération curieuse que nous transcrirons ici , parce qu'elle résume d'une manière piquante les horreurs et les crimes qui forment le fond du drame romantique ; en voici les termes : « Les dix drames les plus vantés <c de la nouvelle école renferment huit femmes adul- « tères, cinq prostituées de différentes classes, six ce victimes de la séduction, et deux malheureuses « jeunes filles dont les couches se font presque sous « les yeux du spectateur; de plus, cinq amans qui « s'introduisent la nuit chez leurs maîtresses : ces ce dernières viennent de se déshabiller sur la scène, ce Si nous continuons cet intéressant catalogue, ce ajoute l'auteur, nous trouverons quatre mères ce amoureuses de leur propre fils , trois d'entre elles ce qui consomment l'inceste; onze amans ou maîce tresses qui assassinent l'objet de leur amour, et ce six héros bâtards qui déclament contre la société ce et la légitimité de la naissance.»
Les écrivains dramatiques français, fidèles aux
(i) La Remc britannique.