A UNE PARTIE DES JEUNES DÉTENUS
jours de leur captivité, pour les mettre à portée d'apprécier la gravité de leurs fautes et de sentir ramertuine d'une séquestration, qui a pour effet de les priver des témoignages affectueux et même de la vue de leurs parens les plus proches; cette séparation ainsi prolongée dès le début et dont le terme ne leur est pas indiqué , produit sur les enfans à ce qu'il paraît , une impression profonde et salutaire, puisqu'elle peut faire naître le repentir dans leur âme et leur inspirer le dessein de se bien conduire.
Chaque joursi le temps le permet, un certain nombre d'enfans est conduit à la promenade dans les chemins de ronde des pénitenciers ; cet exercice a lieu isolément, c'est-à-dire que les enfans appelés à en jouir, s'y livrent à tour de rôle, pendant une demiheure sous la surveillance d'un gardien. D'après la règle établie, chaque enfant peut sortir de sa cellule trois à quatre fois la semaine, selon que le temps est plus ou moins favorable et selon la force numérique de la population.
Le régime alimentaire est fixé ainsi qu'il suit :
Tous les jours i ^^^^^ ^^'^ P^'"
j 2 onces de pain blanc pour la soupe.
Iune soupe grasse aux légumes le matin, quarteron de viande de bœuf désossée pour le diner.
33o RÉCLUSION SÉPARÉE, APPLIQUÉE
I)eux fois la semaine
le matin soupe maigre aux haricots, pain ou riz, avec quelques lf't,'umes verts, fricassée des mêmes substances pour le dîner.
Le vestiaire se compose d'une veste et d'un pantalon de drap, pendant l'hiver , en toile, pendant l'été, et d'une chemise dont le détenu change toutes les semaines.
Telles sont les dispositions matérielles et le régime du quartier de la correction paternelle; voyons maintenant quels en ont été les résultats:
Sous l'influence de l'ancien mode de détention, c'est-à-dire, pendant que les enfans étaient exposés aux dangers de la vie commune, les récidives étaient dans les proportions de 3o sur i3o. Quinze mois après l'introduction de la réforme, et durant cet intervalle de temps, on n'a compté que 7 récidives sur 239 enfans détenus à la demande de leurs familles.
Ce premier résultat, qui est un indice non équivoque de l'efficacité du système cellulaire complet, par rapport à l'amendement des jeunes détenus , n'aurait aucune valeur, ou du moins le prix en serait singulièrement affaibli, si les craintes conçues par quelques personnes sur l'état sanitaire ou sur les facultés intellectuelles des enfans soumis à ce régime s'étaient réalisées. Mais, chose inespérée