A UNE PARTIE DES JEUNES DETENUS
d*après les préjugés existans, les effets de Fisolement se sont produits dans un sens diamétralement opposé.
]3ans les derniers mois de i838 et les premiers mois de iSSg, une espèce d'épidémie a frappé sur le pénitencier, dont la population générale n'était pas moindre alors de 5ooà 55o individus; 90 se sont trouvés ensemble à l'infirmerie ; or, on a constaté que, pendant que la maladie était à son période le plus élevé , les enfans mis en cellule dans le quartier de la correction paternelle, ont été pour ainsi dire épargnés, puisqu'on n'en a compté que deux qui aient été atteints et encore Font-ils été d'une manière fort légère. Au mois de mai iSSg , tandis que, sur la population soumise à la vie commune, le nombre des malades était de i sur 6 1/3 , il ne s'en trouvait pas un seul sur 4^ enfans placés dans le même quar-^ tier ni parmi 90 autres cellulés dans d'autres parties de la maison. Des faits semblables répondent mieux que tous les raisonnemens aux appréhensions des personnes, qui seraient portées à attribuer au système de l'isolement une action pernicieuse sur la santé des prisonniers. L'épreuve faite sur des adolescens et sur des enfans est sans contredit la plus décisive qu'il fût possible de tenter à cet égard.
332 AVANTAGES DE LISOtEMENT SOUS LK RAPPORT
On a souvent répété, que la solitude de la cellule favorisait le développement des habitudes vicieuses chez les individus adultes, et les adversaires du système de l'emprisonnement individuel se sont efforcés de propager cette assertion, qui lui est contraire, en se fondant sur des témoignages qu'il n'est pas permis de révoquer en doute, mais qui ne sont pas aussi concluans qu'on voudrait le faire croire ; car ces témoignages se rapportent, en général , aux prisonniers les plus dépravés et les plus indisciplinables des maisons centrales , prisonniers qui , heureusement , forment une très faible minorité. L'administration des prisons de Paris n'avait pu se défendre elle-même de quelque crainte à ce sujet , en appliquant dans l'origine le cellulage complet , aux enfans de la correction paternelle ; mais au bout de quelque temps d'expérience, elle reconnut que ses appréhensions n'avaient pas de fondement , et que l'isolement, loin d'exciter les mauvais penchans, les amortissait, au contraire, par le moyen du travail, de la lecture, de la promenade, des paroles bienveillantes des préposés de la maison ; si bien que des enfans sujets à ces désordres, et dont la santé s'épuisait dans la vie commune, avaient recouvré leurs forces, par le seul effet de la séquestration. La contagion des habitudes vicieuses est si