DES DONNÉES CHRÉTIENNES
Si l'on compare la marche imprimée au catholicisme dans l'Amérique du nord, en Allemagne et en France, avec celle qui est suivie dans les états du roi de Sardaigne, dans quelques parties de l'Italie et en Espagne, on verra que la cour de Rome est restée fidèle à son antique politique, politique expectante mais souple et raffinée. Elle règne là où elle peut s'incorporer au pouvoir temporel ; elle prescrit aux pasteurs de son église de s'envelopper d'une grande circonspection, de s'effacer et d'attendre là où elle n'est pas la plus forte , soit que la population se trouve partagée entre des cultes chrétiens différens, soit que vouée en majorité au principe catholique, l'essor de sa foi se trouve entravé par les dissentimens politiques qui la séparent du clergé, ou par la défiance que lui inspire l'esprit de domination dont ce dernier est secrètement animé.
Ce calcul de la cour de Rome peut être habile humainement parlant , mais il est peu fait pour gagner au catholicisme les peuples les plus avancés en civilisation. Ceux-ci refoulés vers la philosophie
du roi de Sardaigne. Ce mémoire dont l'Académie a ordonné l'insertion dans le recueil de ses mémoires, et que l'auteur a fait imprimer à part, est intéressant non-seulement par l'examen comparé du Code sarde avec celui qui nous régit , mais par des considérations de l'ordre le plus élevé sur plusieurs points de droit public et de législation.