‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes (volume 2)Chapitre 109 sur 337 · VOIE A SÙIVR1-: PAU LE CLERGE · texte numérisé non relu

VOIE A SÙIVR1-: PAU LE CLERGE

La prédication offrirait un moyen non moins puissant d'améliorer l'état moral des classes laborieuses , mais il faudrait en user avec discrétion, et l'accommoder à l'intelligence et aux besoins de ces classes. Des conférences sur les points fondamentaux de la morale chrétienne et sur les devoirs de famille ne pourraient manquer d'intéresser vivement les ouvriers , du moment qu'elles n'auraient lieu que pour eux seuls, à l'imitation des conférences établies dans l'église de Notre-Dame de Paris, et qu'elles seraient dirigées dans un esprit capable de leur en faire apprécier l'utilité. Il y a dans l'alliance de la morale et de la religion un charme et un attrait inexprimables; l'onction des paroles de l'orateur chrétien vient de cette alliance elle-même. La morale attache l'homme aux principes de la société, et la religion dirige sa pensée vers la possession des biens éternels. L'une comme l'autre tend à son amélioration, à son perfectionnement. Sans la morale, la religion offrirait à l'homme un aliment trop léger, trop raffiné, trop mystique. Sans la religion, la morale ne répondrait pas aux instincts les plus élevés de l'homme; l'idéal qui le détache par intervalle et dans les momens d'épreuve, des choses d'ici bas, pour le transporter, par une sorte d'extase, vers les choses divines, se perdrait dans l'infini et arriverait

POUR ATTIRER A LUI LES CLASSES LABORIEUSES. l\1 1

au néant. La morale et la religion se frayent le chemin l'une à l'autre, elles s'entr'aident et se complètent mutuellement.

Il me semble, qu'en étudiant sous ce double point de vue , la méthode à suivre pour l'instruction des classes pauvres et laborieuses, le prédicateur devrait, dans ses discours, réserver à la morale une place plus étendue qu'à la religion. L'évangile propose à tous la même doctrine , mais il varie les règles de la piété suivant les conditions de chacun. Plus cette condition est humble et pénible, moins il exige de pratiques religieuses de celui qui s'y trouve placé. Aussi, dit-il, que celui qui travaille, prie (qui lahorat , orat). Cette maxime se rapporte principalement à l'ouvrier et à l'artisan obligés de gagner leur vie à la sueur de leur front. En effet, s'ils ne travaillaient pas pour se livrer à la prière , ils manqueraient à leur devoir le plus essentiel, qui est d'accomplir leur destinée d'homme et de citoyen, destinée dont la première loi est le travail, parce que son premier besoin est l'existence.

Le christianisme est plein de bon sens ; l'auteur et le consommateur de notre foi a mis les préceptes de sa philosophie en parfait accord avec les nécessités fondamentales de la société. Si l'homme, en travaillant, marche par cela seul dans la voie du salut, la

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