‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes (volume 2)Chapitre 12 sur 337 · MOYENS NOUVEAUX D'ÉVALUER LE NOMBRE · texte numérisé non relu

MOYENS NOUVEAUX D'ÉVALUER LE NOMBRE

représentation incomplète de la classe dangereuse. Mais on aurait fait au moins un grand pas clans la connaissance de celle-ci, puisqu'il ne resterait plus à évaluer que le chiffre des individus non encore atteints par la prévention ou se soustrayant aux recherches. Il serait possible d'arriver à cette dernière évaluation en comparant le total des préventions ou des condamnations avec la masse annuelle des plaintes. La résultante qu'on obtiendrait au moyen de cette comparaison pourrait être considérée comme un aperçu du nombre des individus libres de la classe dangereuse. Je ne l'envisage que comme un aperçu par la raison que le nombre des plaintes dont je parle est sujet à des retranchemens et à des additions qui ne permettent pas de l'admettre comme une donnée susceptible de plus de valeur qu'une approximation incertaine.

En effet, on tomberaitdansunegraveerreur si l'on supposait que chaque plainte implique l'existence d'un malfaiteur particulier. Une telle supposition serait démentie par l'expérience qui prouve au contraire que les malfaiteurs de profession multiplient indéfiniment les délits etles crimes, suivant les occasions. Il serait donc indispensable de prendre cette circonstance en considération dans lafixation du chiffre des malfaiteurs libres; d'un autre côté, il y aurait néces-

site d'estimer le nombre des délits et des crimes non dénoncés et conséquemment restés sans poursuite. On com prend que ces deux opérations contraires, ne se rattachant à aucun document pos'.if , seraient de nature à faire naître les conjectures les plus variées et les plus étranges, si elles n'étaient pas laissées à la discrétion d'hommes spéciaux ; aussi , nous pensons qu'il y aurait de la témérité à nous, dans une matière encore toute neuve et hérissée de tant de difficultés, d'émettre une opinion quant au chiffre dont il s'agit. Celui que nous avons mis en avant dans le chapitre I, titre II, est fondé sur une simple présomption communiquée à ces mêmes hommes spéciaux et qui ne leur a pas paru inadmissible.

Tout ce qu'il est possible de faire en l'état actuel des connaissances statistiques relatives à cette partie de la classe dangereuse, c'est de constater l'absence de tous documens capables de mener à la solution du problème. Cette situation présente un abîme de doutes et d'incertitudes, dont l'administration doit s'efforcer de sortir. Je n'ose espérer qu'elle arrive à autre chose qu'à une approximation plus ou moins vraisemblable du chiffre inconnu. Mais enfin elle aura frayé la voie dans laquelle on pourra marcher, et ses premiers tâtonnemens, quelque peu assurés qu'ils soient, seront déjà un progrès. L'essentiel

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c'est que le conseil municipal qui encourage et soutient avec tant d'empressement par ses suffrages toutes les améliorations utiles au bien-être de la cité, apprécie l'importance du travail que nous attendons de la préfecture de police , et qu'il lui fournisse les moyens de l'entreprendre avec un zèle ferme et soutenu.

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