I 1$ PROPAGATION DES BONS LIVRES
Ceci est vrai principalement à l'égard des livres religieux et de morale. Malgré l'extrême douceur de la morale chrétienne, le fond de ses préceptes étant naturellement austère, l'instituteur serait impuissant à les faire germer dans le cœur de ses élèves, s'il ne les leur offrait sous des couleurs à-la-fois variées et attrayantes. Les contes, les nouvelles et en général toutes les productions qui tendent à introduire dans l'esprit des enfans une nourriture morale, appropriée à leur âge, sont également soumis aux mêmes conditions pour pouvoir remplir leur objet; il faut qu'ils soient revêtus d'une forme agréable et piquante par sa nouveauté : ce n'est qu'à ce prix qu'il leur est donné d'éveiller et de soutenir la curiosité des lecteurs les plus fantasques et les plus difficiles de tous.
Après ces premiers besoins de l'instruction viennent d'autres besoins presque aussi impérieux. L'enfant, au sortir de l'école, devient apprenti et bientôt ouvrier. Mêlé dans le tourbillon social , il se trouve initié à une vie toute nouvelle. Là chacun est livré à ses propres forces : l'un tombe, l'autre s'élève; le malheureux rencontre quelquefois une main secourable; mais, le plus souvent, il est délaissé par la foule avec indifférence. Les passions sont soumises à de continuelles excitations sur ce grand théâtre.