Ï1Ù MAUVAIS ÉTAT DES HABITATIONS
Les classes aisées trouvent dans leur demeure un asyle conforme à leurs besoins , et cet asyle est le plus souvent une retraite pleine d'agrément, tandis que les classes laborieuses, restreintes par la modicité de leur salaire , sont obligées de se loger dans des localités presque toujours mal closes, insuffisantes ou insalubres. Cette nécessité se fait principalement sentir aux familles d'ouvriers ou aux travailleurs isolés , que leur profession attire et fixe dans les grandes villes. Cette partie intéressante de la population est confinée par la cherté des loyers dans les vieux quartiers de la Cité, et dans les rues les plus étroites et les plus malpropres de ces quartiers. Tel est le sort du pauvre dans tous les pays : la force des choses, la dure loi de la nécessité le veulent ainsi.
Cependant , s'il n'est pas possible de remédier complètement aux inconvéniens de cet état de choses , ne pourrait-on pas atténuer ces inconvéniens, par des essais de construction appropriés à toutes les conditions de la population pauvre, et je comprends sous cette appellation, non-seulement la pauvreté honnête , mais la pauvreté avilie et dépravée. Il me semble que ces essais auraient un double avantage : celui de diminuer les causes d'insalubrité publique, et celui d'offrir aux ouvriers