SUR L'IMPÔT
écrivains, ceux qui, dans un but d'humanité plus louable qu'éclairé, se sont élevés contre une certaine espèce d'impôt qui frappe sur les objets de consommation. Ici l'attaque est circonscrite, elle est restreinte à un impôt déterminé, dont la matière est indispensable à l'existence du pauvre. C'est sous le seul point de vue de l'intérêt des classes laborieuses, que cet impôt, connu sous le nom de contribution indirecte, a excité la critique des écrivains dont nous parlons. Quoiqu'il en soit, et malgré les sentimens généreux qui ont inspiré cette critique, je crois, et j'espère démontrer, que la contribution assise sur les objets de consommation du pauvre comme sur ceux du riche, est en réalité, si l'on considère l'emploi donné aux ressources qu'elle produit, moins une charge pour le pauvre, qu'un moyen de travail, de protection, d'assistance et d'instruction pour lui et sa famille.
Il m'a paru d'autant plus important d'entreprendre cette démonstration , qu'elle doit avoir pour effet, non- seulement de restituer à l'impôt en général , son véritable caractère , son incontestable utilité, mais d'établir que l'impôt indirect est le seul qui soit en rapport avec les habitudes et les facultés contributives des classes pauvres , ou tout au inoins, le mieux approprié à la position de celles-ci.
i^o de l'impôt; BESOINS publics
Envisagé sous les divers points de vue que je viens d'indiquer, l'impôt m'a paru de nature à être compris au nombre des préservatifs qui pouvaient écarter le vice et la misère de la masse des travailleurs.
L'ouvrier est si peu soucieux du lendemain , lors même qu'il est père de famille, que s'il était exempté de l'impôt à condition de pourvoir lui-même à une partie seulement des besoins qui lui sont propres , ainsi qu'à sa famille, et qui sont défrayés par les deniers publics, il serait réduit au plus affreux dénûment: ainsi, ses enfans ne recevraient point d'éducation; en cas de maladie, il serait privé lui et les siens de secours et de l'assistance du médecin; dans sa vieillesse et dans l'âge des infirmités , il ne saurait où reposer sa tête. Je me borne à indiquer ici quelquesuns des avantages que le pauvre obtient au prix de l'impôt, me réservant d'en signaler d'autres tout-àl'heure.
L'état est l'assemblage des diverses corporations politiques existant sur le territoire d'un peuple, ayant toutes pour base la famille. Aussi , pour désigner l'état, c'est-à-dire, l'être moral qui représente une nation , fait-on souvent usage de ces mots, la grande famille. Les aggrégations dont l'état se compose ont à pourvoir à deux espèces de besoins. Les uns sont locaux et renfermés dans l'unité adminis-