‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes (volume 2)Chapitre 181 sur 337 · AUXQUELS IL EST APPLIQUÉ. I^I · texte numérisé non relu

AUXQUELS IL EST APPLIQUÉ. I^I

trative de l'aggrégation ; les autres sont généraux et touchent à l'intérêt de la communauté tout entière ou de Fétat. Ces besoins , qui constituent la civilisation d'un peuple , sont satisfaits par un prélèvement opéré sur le revenu net de chaque habitant possédant un fonds de terre, ou sur le profit de l'industrie. Outre ce prélèvement qui reçoit le nom d'impôt, de contribution , de taxe , et qui est perçu directement d'après des rôles nominatifs dressés d'avance , il existe un autre impôt , créé dans le même but que le premier, et qui frappe indirectement sur les personnes, quoiqu'il soit assis sur des objets susceptibles de consommation.

Quiconque nierait, je ne dis pas la réalité mais l'utilité des besoins publics qui intéressent une commune, un arrondissement, un département, ou l'état , se déclarerait par cela même l'ennemi de toute civilisation. L'impôt est une dette de l'habitant envers la cité, et du citoyen envers la patrie. C'est le prix des avantages sociaux dont le contribuable jouit tout à-la-fois, et comme membre de l'unité communale et départementale , et comme membre de l'unité territoriale suprême, qui est l'état.

L'impôt est une charge publique dont le pouvoir a quelquefois abusé en l'aggravant avec excès; mais cette aggravation est plus souvent encore la faute

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des circonstances que celle du pouvoir. Dans les pays libres, l'assiette, la quotité et le mode de répartition de l'impôt , sont la matière de tant et de si vifs débats , qu'il est à-peu-près impossible que tous les intérêts sur lesquels il peut être assis , n'aient pas été entendus, pesés, balancés entre eux, et qu'en résultat, justice n'ait pas été rendue à tous. Cependant les choses d'utilité publique sont généralement si peu appréciées, bien qu'en définitive elles apportent une amélioration notable à chaque intérêt privé, qu'il n'est pas de contribuable qui ne supporte avec regret, la part qui lui est afférente dans la répartition de l'impôt. Plus il possède de richesses et de matières contributives, plus il déclame contre la taxe exigée de lui , tant l'intérêt personnel est aveugle et injuste.

Cette tendance à se récrier chez nous, contre l'énormité des impôts, ne date pas d'aujourd'hui ; elle se manifeste à toutes les époques de la monarchie, et l'on peut affirmer que jamais la plainte ne fut moins fondée qu'à présent. Les économistes et les écrivains les plus opposés à notre système actuel d'impôts, conviennent tous qu'en aucun temps, les frais de perception n'ont été plus modérés ; or , si l'on veut se rappeler les rapines odieuses auxquelles les traitans se livraient autrefois , à l'occasion de la

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