‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes (volume 2)Chapitre 204 sur 337 · POUR LES ÉTUDIANS. 2O · texte numérisé non relu

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tatives du même genre que je ne connais pas? Quoi qu'il en soit, ce n'est pas sans un sentiment mêlé de surprise et de peine , que dans une grande cité comme Paris , où toutes les sources d'instruction abondent, et où les étudians affluent de toutes parts , j'ai appris qu'il n'existait que deux établissemens de la nature de ceux que je réclame.

Cette dernière circonstance tient à des préjugés qu'il importe de signaler et de combattre.

On a supposé sans aucune espèce de fondement, que le pensionnaire des établissemens dont nous parlons, était assujetti à des règles sévères et qui gênaient sa liberté; ces règles ne tendent à autre chose qu'à rendre profitables à l'élève les leçons qu'il entend dans les différens cours des facultés , au moyen d'un enseignement particulier propre à éclaircir les difficultés qui l'embarrassent, et à fixer les doutes qui s'élèvent dans son esprit. Elles le soumettent à des études variées, et à des exercices , ayant pour objet de le rendre familier avec les diverses branches de la science à laquelle il s'est voué.

Le directeur de l'établissement veille ou pourvoit au paiement des inscriptions ; sa sollicitude s'étend aussi sur les moeurs de ses élèves, et cette partie de son ministère n'est pas celle qui a fourni le prétexte le moins injuste aux préventions qui se sont élevées

2û8 ECOLES AUXILIAIRES

contre le régime de ces maisons. L'on a vu en lui un censeur chagrin et importun , lorsqu'il n'est et ne peut être qu'un homme grave et bienveillant , qu'un conseil, qu'une personne prudente et amie toujours prête à réveiller dans le cœur de ses élèves les bons sentimens, et à les fortifier contre l'influence si entraînante des mauvais exemples. Est-ce là véritablement le caractère d'un censeur, d'un argus? et pour peu qu'un jeune homme fût animé de bonnes intentions, ne devrait-il pas s'applaudir d'une telle surveillance , plutôt que de l'appréhender et de la fuir? Le temps de l'étude n'empiète pas du reste sur celui de la récréation et du plaisir ; il est peu de fils de famille qui, sous ce dernier rapport, soit mieux partagé que l'élève ayant sa résidence dans les maisons dont nous parlons. En effet, celui-ci peut disposer à son gré de ses soirées jusqu'à minuit ; or, une pareille habitude me paraît compatible avec les exigences les plus étendues et l'indépendance la plus ombrageuse ; en dehors de ces limites, on touche à la licence et à ces caprices sans frein qui jettent l'étudiant dans des voies inconnues et parsemées d'écueils contre lesquels viennent se briser sa santé, sa fortune, sa réputation et quelquefois son honneur.

Les préjugés opposés aux établissemens qui nous

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occupent, ont été accrédités par la portion indocile et turbulente des étudians. Les pères de famille devraient être assez clairvoyans pour pénétrer jusqu'au fond de ces préjugés, et pour s'apercevoir qu'ils n'ont rien de sérieux. D'ailleurs l'avantage d'étudier à Paris est assez important et assez agréable pour mériter d'être payé par un peu de contrainte, alors que cette contrainte est en soit moins gênante que celle qu'impose la vie de famille. Il est permis sans doute à un père plus qu'à tout autre, de présumer favorablement de la conduite que tiendra son fils dans une situation donnée; mais du moment que cette situation , en raison des circonstances qui l'environnent, peut devenir hasardeuse et pleine d'écueils, pourquoi ne pas aller au devant du péril par une prudence que la sagesse conseillerait si elle n'était commandée par les devoirs attachés à l'autorité paternelle? Cette autorité, d'après nos lois et encore plus d'après nos mœurs, perd tout moyen de répression sur l'enfant dès qu'il a atteint sa seizième année. Désormais, et à mesure que les passions de ce dernier se développent et peuvent se transformer en mou vemens désordonnés, il est convenu qu'elle doit procéder par la douceur, parla persuasion; qu'elle doit étouffer le germe des mauvaises passions par des mesures purement préventives, et sitôt que le moment vient ir. i-/|

2ÏO cercles; leur utilité

de mettre à exécution ces mesures, le ressort de l'autorité se détend , il fléchit devant des considérations timides, ou devant des espérances que l'expérience ne dément que trop souvent; la faiblesse du père paralyse son autorité dans ces difficiles conjonctures, et de là vient que les familles ont à déplorer tant d'erreurs et tant de chutes, quand elles pouvaient les prévenir par une volonté ferme.

Ces observations seront-elles appréciées, serontelles entendues? Je le désire plus que je ne l'espère. La réunion des étudians d'un ou de plusieurs départemens voisins en autant de cercles distincts, m'a paru un moyen capable d'imprimer une direction plus saine et plus morale aux habitudes actuelles de cette partie de la jeunesse.

ïl serait aisé d'arriver à la formation de cercles semblables par le concours des pairs, des députés, des notabilités littéraires, scientifiques et industrielles, appartenant aux départemens qui seraient dans le cas de fournir leur contingent d'étudians pour l'accomplissement de ce projet. Les maires des quartiers qui sont le siège des Facultés et où les étudians demeurent pour la plupart, seraient plus à portée que qui que ce soit de proposer et de faciliter l'établissement de ces cercles. Leur qualité de fonctionnaire public et local leur donnerait accès

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